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    August 23

    Planète terrible !

    70ème voyage :

    Fidèle à mon légendaire esprit de persévérance, je suis allé jeter mes deux yeux sur le deuxième volet des films-hommages Grindhouse, orchestrés par les deux fondus (enchaînés) Quentin Tarentino et Robert Rodriguez. Deux parfaits arnaqueurs qui, jusqu'à présent, ont réussi à faire croire qu'ils étaient cinéastes.

    Ce second et - en principe - dernier épisode s'intitule Planète terreur. Et, accessoirement, ne ressemble à rien. Oui, parfaitement. En tout cas, si - et c'est improbable - il y a un scénario, je n'y ai strictement rien compris. En revanche, ce que j'ai absolument intégré, c'est qu'au milieu de ce gigantesque foutoir visuel, il y a des zombies et des pas zombies. Et que les pas zombies ont vachement de mal à ne pas servir de quatre-heure aux zombies qui ressemblent tous à Elephant Man et ont une prédilection pour le steak tartare.

    Bon, je vous entends déjà grommeler : "Mouais, c'est pas très original tout ça, on l'a déjà vu cent fois, et patati et patata..." Certes ; et vous n'avez pas tort (boyaux). D'ailleurs, le Rodriguez, il fait à peine mystère de ses influences, tant certains plans semblent tout droit sortis de chez Romero (La nuit des morts-vivants) ou Carpenter (Assaut, New-York 1997), dont il emprunte en plus le style musical. Et puis le Bob étale également sa sympathie pour son ami Quentin Tarentino, à qui il refile un rôle fichtrement oscarisable de zombie à quéquette lépreuse. Il ajoute même un clin d'oeil à Boulevard de la mort (écoutez bien ce qui se dit à la radio), reprend le personnage délirant du shérif Earl McGraw (Michael Parks, inusable) et exhume lui aussi un acteur mort : après Kurt Russell, voici qu'on nous ramène à la lumière un Michael Biehn pas trop poussiéreux, avec toujours son regard noir de mec-qui-est-en-colère. Et, tant qu'à compléter le casting avec un acteur connu qui joue pour rien, il nous balance Bruce Willis dans un rôle de second couteau aussi développé qu'un confetti.

    Alors quoi ? Là, normalement, vous hurlez au scandale. Si, si, j'entends vos reproches hystériques : qu'est-ce que c'est que ce film de zombies aussi original qu'un quartier de boeuf sur l'étal d'un boucher ?!! Je ne sais pas. Il paraît que l'intérêt réside également dans le traitement tout pourri de la pelloche, sensé plaire à d'hypothétiques nostalgiques des drive-in (pour ce qu'ils devaient suivre le film ceux-là ! Depuis quand va-t-on dans les drive-in pour REGARDER UN FILM ?). En revanche, ce qui peut plaire - et pas qu'aux nostalgiques - ce sont les vieux plans d'obsédé sexuel du réalisateur sur les popotins et les roploplos. Incroyable. Au milieu de la boucherie, entre les intestins volants et les cervelets orphelins, Rodriguez se prend tout d'un coup pour un artiste et met en scène les provocantes formes ondulatoires de Rose McGowan et Marley Shelton. Cela dénote quelque peu avec le catalogue de bubons, furoncles purulents et autres suintements qui classent aisément ce film dans la catégorie cradingue. Dieu que ce film est laid ! (Et si vous lisez ces lignes pendant votre pause déjeûner : bon appétit !)

    Pour autant, il n'est pas mauvais. La musique dépote et les acteurs font plutôt correctement leur boulot, sans se prendre au sérieux. Parce que c'est sûrement la qualité principale de ce film : son humour. Plutôt du second degré. Rien ne nous est épargné, mais c'est tellement énôôôôôôôrme, qu'au bout du compte ça en devient franchement drôle.

    L'objectif de Rodriguez est donc bien mieux atteint que celui de Tarentino avec Boulevard de la mort : Planète terreur est un film de série B qui se laisse regarder sans déplaisir.

    Cinéphage Fogg, gentleman illimité.

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    (Le monde est plein de zombies, mais ça lui fait une belle jambe...)

    PS : Vous avez vu ? Plus que dix !

    August 16

    Police-manne.

    69ème voyage :

    Fatigué de la ville et des rats qui la peuplent, j'ai tourné mes pas vers la riante campagne anglaise, celle des petites villes pittoresques où la vie suit calmement son cours, sans excès, pour le bien de tous.
    C'est comme ça que je me suis retrouvé à Sandford, accompagnant le super flic Nicholas Angel, tellement efficace que la police londonienne a dû se résigner à s'en séparer. En effet, les exponentielles réussites statistiques d'Angel ont réussi à miner le moral de ces petits camarades. Très mauvais pour la cohésion du groupe, ça ; alors hop, exit Angel !

    Le voici donc muté dans un patelin mignonnet mais désespérément rural et calme, flanqué d'un partenaire à la limite du retard mental. Seuls quelques accidents viennent parfois émailler le quotidien de la paisible bourgade. Un peu trop, d'ailleurs, au goût du robocop citadin qui, du coup, se met à voir le crime partout.

    La suite est un pur bonheur, une perle d'humour anglais dans un écrin de folie. Car Hot Fuzz est avant tout une comédie, brillamment menée par un casting exceptionnel qui vaut le coup qu'on s'y arrête.
    En tête d'affiche, on retrouve Simon Pegg (tintin habillé en schtroumpf) et le bedonnant Nick Frost, tous deux échappés de Shaun of the dead. C'est qu'il nous a fait peur le Simon, quand il est parti faire un tour dans les bras des sirènes hollywoodiennes, sur le désastreux Mission impossible 3 ! Heureusement, il en a réchappé. Autre mort-vivant qui nous revient lui aussi : Timothy Dalton !!! Eh oui, l'ex-James Bond, toute moustache dehors se livre même à un numéro de "méchant" très jubilatoire. A chacune de ses apparitions, je trépignais de joie sur mon fauteuil.
    Autour d'eux, une formidable brochette d'acteurs tous plus enthousiasmants les uns que les autres, parmi lesquels on reconnaît Jim Broadbent (Le journal de Bridget Jones), Paul Freeman (Les aventuriers de l'Arche perdue, Les chiens de guerre), Edward Woodward (la série TV Equilizer), David Bradley (Rusard dans les Harry Potter) ou encore, pendant quelques secondes précieuses, Bill Nighy (Pirates des Caraïbes 2 et 3, Love actually). Même Peter Jackson et Cate Blanchett viennent faire un petit clin d'oeil, mais faut le savoir, parce que sinon on passe vite à côté !

    Vous l'aurez compris, tout ce petit monde s'en donne à coeur-joie. Mon dernier bon souvenir de cet ordre était l'excellent Cashback. Encore un film anglais.
    Hot Fuzz, c'est un peu Chapeau melon et bottes de cuir (la série, surtout pas le film !) à la sauce Inspecteur Harry. Ce genre de mélange improbable, seuls les Anglais savent le rendre brillant.

    Tout simplement jouissif.

    Cinéphage Fogg, gentleman illimité. 

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    (Aaaaah, ça fait du bien de le revoir celui-ci !)

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    (Foggy & Hutch)

    August 14

    A ne pas rat-er.

    68ème voyage :

    Cédant au matraquage publicitaire, et conscient de vous avoir trop longtemps délaissés, je suis allé voir Ratatouille, le dernier mets des studios Pixar. J'aimerais écrire que c'est la surprise du chef, mais ce ne serait pas totalement exact, tant le menu dudit studio est riche de délicieuses spécialités (Toy Story, Les indestructibles...) malgré, il faut bien le dire, quelques mixtures indigestes (Cars).

    A mes yeux, Ratatouille figure dans le haut de la casserole.

    Animation impeccable, gags efficaces, humour omniprésent...  Tous les ingrédients sont là pour que chacun, quel que soit son âge, puisse se régaler. Et, cerise sur le gâteau, un effort tout particulier a été fait sur les couleurs et le son : un vrai plaisir des sens !

    Mais la dégustation est surtout rendue savoureuse par l'accumulation de détails, dont bon nombre doivent encore nous échapper à la première bouchée. Et la cuisson juste comme il faut du caractère des deux principaux "vilains" du film. Skinner, le chef, commence par prendre un faux air de Yoda, avant de devenir un clone habillé du Gollum de Peter Jackson. Quant à Anton Ego, le critique gastronomique, on dirait un Remo Forlani vampirique, avec son bureau en forme de cercueil et sa machine à écrire qui ressemble à une tête de mort.
    Bon, le seul tout petit cartilage dans la béchamel, c'est que parfois la sauce tâche un peu. Ainsi le petit couplet moraliste sur la critique est un peu lourd à digérer et la fin m'a paru bien décevante, comme s'il était l'heure de fermer et qu'on vire les derniers clients en éteignant les lumières. De même, le goût des autres personnages est un peu altéré par les deux excellents méchants. Enfin, il faut avouer qu'on nous sert un Paris de carte postale et une gastronomie de Carte Postale Gourmande (sans Jean-Luc Petitrenaud).

    Malgré ces minuscules cailloux dans les lentilles, Ratatouille reste un pur chef-d'oeuvre d'animation garni de trouvailles visuelles à consommer sans modération.

    Cinéphage Fogg, gentleman illimité.

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