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June 30 Elle a les yeux ré-Volver...6ème voyage :
Hier soir, je me suis offert une séance de psychanalyse. Euh... pardon, je suis allé voir le dernier Almodovar, Volver. Mais bon, c'est comme un pléonasme. D'ailleurs, c'était un peu le film de la dernière chance. Je n'avais pas aimé Talons aiguilles, étais resté imperméable à Tout sur ma mère, mais avais plutôt (le meilleur ami de Mickey) apprécié Femmes au bord de la crise de nerfs et m'étais laissé prendre par Parle avec elle. Deux partout ; fallait départager. Bref, il fallait une prolongation, une mort subite, une séance de tir au but... J'ai donc placé tous mes espoirs dans Volver. Ca faisait un moment que j'avais envie d'y aller (au ciné ! Quelle est l'andouille qui a dit : "C'est au fond à droite." ?), aiguillonné par l'avis enthousiaste de Sandrine, une collègue cinéphile dont je respecte le sens critique. Alors je me suis assis devant l'écran comme l'homme de l'art s'assoit à côté du divan. Et quand le patient s'appelle Pedro Almodovar, on se doute que la séance sera riche (de ça, mais ça ne s'achète pas, lalala !... pardon, je m'égare). Bon, disons-le franchement, Almodovar, c'est un peu l'Alexandre Jardin du cinéma. Il y a un côté rassurant dans ses films, parce qu'on sait déjà ce que l'on va y trouver, comme par exemple son Oedipe mal réglé qui le pousse immanquablement à donner le mauvais rôle aux hommes et à sublimer les femmes, surtout si elles sont mères. Et à ce jeu-là il est super fort Almodo' ! C'est Garcimore !!! Deux tours de passe-passe plus un tour de manivelle et hop !, il vous transforme n'importe quelle femme en icône. Qu'il prenne une femme comme Penelope Cruz (autre espèce d'icône) et là, ça devient carrément religieux : il fait apparaître la Madone (et ses saints)! Hi hi hi, décontrasté ! Une fois hypnotisés, Almo' peut promener ses spectateurs aux quatre coins d'une histoire torturée, profonde et émouvante. Al' devient alors un guide touristique nord-coréen : il vous amène exactement là où il veut, vous fait visiter ses délires sans jamais s'écarter du chemin qu'il s'est construit. C'est sûrement à ce genre de choses qu'on reconnaît le talent. Le jury du festival de Cannes ne s'y est pas trompé, gratifiant l'Ibère du prix du meilleur scénario et les actrices principales d'un prix d'interprétation féminine commun. Logique, car bien malin qui pourrait départager ces cinq femmes si talentueuses ! Et j'espère que le même jury aura suggéré à Ron Howard d'aller faire un stage de cinéma chez Pedro... Volver signifie "revenir" en espagnol. Et ben moi, j'ai bien envie d'y revenir à ce film, et même de revenir pour le prochain. Alors, oui, qualification réussie, Monsieur Almodovar.
Cinéphage Fogg, gentleman illimité. June 29 L'entente igloo.5ème voyage :
Il y a des jours comme ça. Des soirs, plus exactement, où le moralomètre n'est pas vraiment décidé à se fixer, ni en haut, ni en bas. Alors, pour ne pas se lamenter davantage sur mon enviable sort, j'ai décidé de réagir. Je me suis dit : "Tiens, j'irai bien voir une comédie !". Et c'est comme ça que je me suis retrouvé devant L'Entente cordiale... Au départ, L'Entente cordiale est clairement affichée comme la confrontation au sommet (mais au sommet... de quoi ?) de Christian Clavier et de Daniel Auteuil, tous deux dopés par les "succès" comiques (?) respectivement des Bronzés 3 et de La Doublure. Malheureusement, ça ne suffit pas à faire un film. Alors "on" se paie quelques seconds couteaux de haute volée et, là-dessus, il n'y a rien à redire : François Morel, François Levantal (rhabillé et revenu de Camping), Michèle Laroque (redescendue de Comme t'y es belle)... jusqu'à l'excellentissime John Cleese (en vacances de Nick-Quasi-Sans-Tête). Mais, comme "on" a peur que ce ne soit pas encore assez, "on" en rajoute une louche avec une séquence de début à la James Bond et un montage à la Wasabi, en n'oubliant pas de lorgner vers les succès populaires qui ont déjà fait leurs preuves, genre Opération Corned Beef. Et puis tiens, tant qu'"on" y est, n'oublions pas les clins d'yeux (soit loué) de bon aloi : entre la scène de la morgue où Clavier fait des prouesses anglophones vaguement cousines de La Grande vadrouille (il ne manquait que le fameux "But alors you are french ?") et le passager surprise de l'ascenceur de l'hôtel londonnien (accrochez-vous, ça dure la moitié d'un dixième de seconde), y en a pour tous les goûts. Et c'est bien là tout le problème de L'Entente cordiale : ce film manque furieusement de personnalité. Même LES personnalitéS n'y sont pas vraiment elles-même. Christian Clavier - qui, par bonheur, a fini de nous caser les Jacquouille partout - n'a pas complètement fini de muter (nous préparerait-il X-Men 4 ?). Résultat : il se situe quelque part entre Louis de Funès et Nicolas Sarkozy, dans une dimension extra-terrestre que l'on a encore du mal à explorer. En face, Daniel Auteuil a lui aussi muté : il nous gratifie d'un numéro à la Bébel... étonnant. De même François Levantal s'est soudainement transformé en Noël Roquevert et François Morel, dans un improbable costard à carreaux, s'auto-parodie en Deschien. Mélangez ce carnaval (puisque tout le monde est déguisé) à des maffieux russes, des tueurs asiatiques (un peu toc), une belle-famille indienne et une maîtresse anglaise azimutée, et je vous assure qu'une chatte n'y retrouverait pas ses petits ! D'ailleurs, la vraie bonne surprise vient des acteurs d'outre-Manche : John Cleese est savoureux en lord anglais bon teint, Jennifer Sanders est craquante en chauffarde déglinguée et Tim Pigott-Smith nous offre une interprétation policière pleine d'humour et de flegme, à des années-lumière de son rôle de super-vilain dans V pour vendetta. Donc, j'aimerais QU'ON M'EXPLIQUE POURQUOI "on" n'a pas jugé bon d'étoffer leurs rôles alors que ce sont EUX qui assurent les vrais bons moments du film !!! Quel gâchis ! N'en déplaise aux Clavierophobes convaincus, je pense réellement qu'il manque une demi-heure au film, ces instants souvent précieux durant lesquels on prend le temps de détailler les personnages, leur psychologie (si tant est qu'ils en aient une), les relations entre eux. Mais non, tout cela est mixé dans la bouillie qu'on nous sert sous le titre de L'Entente cordiale. Manquer à la fois de lien, de profondeur et d'émotion... pour un film comme celui-là ce n'est plus dommageable, c'est suicidaire.
Cinéphage Fogg, gentleman illimité. June 26 Padmé je t'aiiiiiiiiiiiiiiiime !4ème voyage :
Bon, c'est la fête du cinéma. Youpi. Non, non, vraiment, c'est bien. C'est même assez extraordinaire d'arriver, pendant trois jours, à entasser autant de monde dans les salles alors que dans le monde réel il y a une coupe du monde de football, le Tour de France et Wimbledon. Et c'est d'autant plus un tour de force que chaque année c'est pareil : trois jours d'enfer pour parvenir péniblement à voir trois ou quatre films, prisonnier de la foule comme une sardine dans sa boîte, humant la sueur de ses voisins, écoutant les craquements démultipliés d'un pop-corn hors de prix et piétinant allègrement les restes du même pop-corn que l'on aura pris soin de répandre partout sauf dans sa bouche. Bref, trois jours d'HORREUR qui ont sur moi un effet comparable à celui de gousses d'ail et autres crucifix sur les vampires. Car, en asocial assumé, je REFUSE d'aller au cinéma PENDANT la fête du cinéma ! Et pourquoi pas fêter la Saint Valentin non plus ? Du coup, j'y suis allé la veille. Qui a dit "esprit de contradiction" ? N'empêche, vous pouvez bien rire, c'était l'extase : il faisait beau, il y avait plein de choses à faire ailleurs... donc : LES SALLES ETAIENT PRESQUE VIDES ! Et j'en ai profité pour aller voir Paris je t'aime (Tout un programme...). Pfffff, que c'est énervant ! J'ai pris mon billet en me disant : "Chouette, j'vais pouvoir m'éclater, me faire une chronique bien saignante, balancer des jeux de mots miteux du genre "Paris perdu" ou m'acharner sur des rapprochements cyniques avec l'oeuvre parisienne de Besson !" Zut, flûte, encore un échec ! Paris je t'aime n'est malheureusement pas assez mauvais pour que je puisse passer mes nerfs dessus. C'est un film "choral", comme on dit aujourd'hui. Attention, ça ne veut pas dire que Jugnot et ses braillards ont remis le couvert, mais que le film est composé de 18 historiettes (pour 18 arrondissements paraît-il) filmées par 18 et quelques réalisateurs différents et interprétées par une kyrielle d'acteurs plus ou moins connus, parmi lesquels l'inaltérable Fanny Ardant, l'incontournable Gérard Depardieu ou l'indigent Elijah Wood (dont le jeu se limite à deux expressions ; mais c'était quand même surréaliste son "Frodon à Minas-Paris"). Il y a donc à boire et à manger dans ce qui pourrait passer pour le travail de fin d'année d'une école de cinéma. A ceci près que les auteurs ont suffisamment d'expérience, voire de talent, pour ne jamais sombrer dans l'amateurisme. Ils nous offrent plutôt un festival du court-métrage où, disons-le, Paris n'est qu'un décor, et plus souvent un prétexte (sauf dans l'ovni drôlatique des frères Cohen). Pour autant, on nous a fort heureusement épargné les pires clichés (le bérêt et la baguette de pain), même si certaines séquences n'échappent pas à un méchant syndrôme d'Améliepoulainiérisme. Or n'est pas Jeunet qui veut. Mais ne boudons pas notre plaisir car il y a dans Paris je t'aime quelques douceurs : "Loin du 16e", "Quartier des Enfants Rouges" ou "Quais de Seine" (les seuls peut-être sans acteur vraiment connu...). Et puis, comme dans tout festival, même de court-métrage, il y a les palmes :
et...
Hein ? Je ne suis pas très objectif ? Ah, euh... certes. Bon, d'accord, il y a Nathalie Portman... Oui, LA Nathalie Portman, celle de Star Wars, Léon et V pour vendetta. Mais enfin quoi, même si elle sublime cette histoire, c'est quand même bien mignon ce couple passionné qu'elle forme avec un jeune aveugle. C'est peut-être mon côté midinet, mais j'ai adoré. "Faubourg Saint-Denis" est le rayon de soleil d'un film intéressant, mais pas inoubliable. Voilà. Ma fête du cinéma, ce furent quelques secondes de pur bonheur avec Nathalie Portman,et ça, ça n'a pas de prix.
Cinéphage Fogg, gentleman illimité. June 17 Pensée profonde (De profundis cogitarum)...Entracte :
Je laisse à votre sagacité et à votre réflexion cette brillante citation de la joueuse de tennis Martina Navratilova, pêchée dans quelque passionnant ouvrage d'enseignement sportif (eh oui, je m'occupe aussi du rayon Sports...) : "Avec la motivation, on peut être impliqué ou engagé. C'est comme pour les oeufs et le bacon. La poule était impliquée, mais le cochon engagé. Il faut être comme le cochon." Alors là, je dis respect. Il fallait oser. C'est énorme.
Cinéphage Fogg, gentleman illimité. June 15 In memoriamTriste escale :
J'avais quatre maîtres ès humour. Le dernier est mort hier. Après Pierre Dac, Francis Blanche et Jean Yanne, voici que Raymond Devos a définitivement quitté la scène. On se sent un peu orphelin du jeu-de-mots après une nouvelle comme celle-là. C'est un peu de non-sens et de finesse qui disparaissent. Il ne reste plus que ce monde de brutes... Adieu Raymond, je t'aimais bien tu sais.
Cinéphage Fogg, gentleman illimité. Marreûûûûûûh du footeûûûûûûûh !!! (Footareus cassus bonbonum) Quoique...Escale sportive :
Alors que l'épidémie sportivo-régressivo-lobotomisante a atteint les quatre coins du globe (pas moyen d'être tranquille sur cette planète !), la France se devait, évidemment, de ne pas être en reste. Mais, finalement, je trouve un avantage à ce phénomène. Non, n'appelez pas les urgences psychiatriques, vous avez bien lu : je suis à deux doigts (les deux plus longs) de verser dans le côté obscur de la footophilie. "Pourquoi ?" hurlerez-vous avec une inquiétude mal contenue dans votre voix anxieuse... Ben tout simplement parce que les soirs de matchs - surtout ceux de l'équipe des Vieux... euh, pardon... des Bleus ! (au fait, "les Bleus", dans le langage courant, ça ne veut pas dire les débutants ???) - ces soirs-là, disais-je, Y A PAS FOULE AU CINE !!! Et, par pudeur, je ne vous raconterai pas le bonheur simple et sans égal de déambuler, jovial et extatique, dans les grandes allées VIDES, de flâner dans des espaces jusqu'alors monopolisés par les files d'attente barbares et à présent rendus à la beauté émouvante d'une (quasi) virginale nudité... Alors, oui, vive le foot !!! Et j'espère, naïvement, à la limite de l'inconscience ou de l'irresponsabilité, que l'équipe de France ira le plus loin possible. Je suis asocial, j'aime les cinémas VIDES ! Le reste, je m'en moque ; ce ne sont que footaises et considérations éculées (l'arbitre). (PS : Je dis ça, mais en secret je soutiens activement l'équipe de Corée du sud, gnêk, gnêk, gnêk...)
Cinéphage Fogg, gentleman illimité. June 14 Son nom est Souci3ème voyage :
Mon sens aigu de l'aventure combiné à une curiosité légendaire m'ont mené hier soir jusqu'en Afrique du sud. Figurez-vous qu'en tant que membre actif du club des gentlemen illimités, je fus invité à une soirée quelque peu... spéciale. Amateurs de sado-masochisme et autres plaisanteries, passez votre chemin, il ne sera point question de cela ici ! Non, ladite soirée visait à décerner un label des spectateurs, sensé donner un "coup de pouce" à un film dont nous ignorions tout (même le titre) jusqu'au moment de la projection. Surprise, donc. Cela signifie, en clair, que jusqu'à l'ultime seconde je priais tout mon panthéon pour que nous échapâmes à Scary movie IV... et par bonheur ce fut le cas. En lieu et place nous eûmes une oeuvre sud-africaine : Mon nom est Tsotsi. Par une bête association d'idées et de titre, je crus qu'il s'agissait d'un western... avant de très vite rectifier le tir (en fait, dès les premiers accords de musique rap) : "Tiens, c'est un film de gangsters" me dis-je in petto. Presque. C'est du film de gangsters "Canada dry" : ça en a le goût, la couleur et l'apparence, mais on n'y est pas tout-à-fait. Film violent - moins dans les actes que dans les situations - Mon nom est Tsotsi raconte comment, dans le ghetto de Soweto (comme partout ailleurs), les petits caïds à peine pubères se débrouillent pour survivre. Ici, on suit Tsotsi un peu comme les aventures de Martine : "Tsotsi dans le métro", "Tsotsi pique des sous", "Tsotsi vole une voiture", "La bande à Tsotsi", "Tsotsi a des remords"... Eh oui, il a bien des soucis Tsotsi, surtout dès lors qu'il croise l'impénétrable voie de la rédemption et décide de s'amender. Vous l'aurez compris, on est dans le bon sentiment, mais l'émotion comme l'histoire restent trop superficielles pour que l'on fasse l'effort de s'y attacher, ce qui gâche la très jolie couleur musicale et la remarquable interprétation. Mon nom est Tsotsi se regarde donc sans déplaisir, mais s'oublie aussi vite. Pas de quoi lui décerner un label. D'autant que l'on peut douter de la pertinence de ce-dernier, puisque le film a déjà reçu maintes récompenses : prix du public au festival du film de Toronto, idem au festival d'Edinburgh... et pour couronner le tout, oscar du meilleur film étranger. Le type-même de film qui n'a pas besoin de nous pour sa promo. Ah, une dernière chose encore : amis qui doutez de mon jugement (je ne vous en blâme pas), ne vous précipitez pas dans vos salles obscures préférées... Mon nom est Tsotsi ne sort que mi-juillet.
Cinéphage Fogg, gentleman illimité. June 10 Signe des temps (Miserere ! Pecuniatis absenteus !)Intermède :
Pour mieux vous distraire, j'ai pris une décision radicale : j'ai revendu certains de mes livres pour acheter un vélo... Résultat : je peux désormais stationner beaucoup plus facilement devant mon cinéma préféré. N'est-ce pas de l'abnégation, ça ?
Cinéphage Fogg, gentleman illimité. June 08 Les Irrésistibles !2ème voyage :
Poussant chaque fois un peu plus loin mes investigations, j'ai rencontré hier soir, en avant-première, une étrange tribu : Les Irréductibles.
Et là, je dis : Méfiez-vous ! Non pas des imitations (pour dire ce genre de choses, il faudrait que je sois chauve, à lunettes et que je tutoie tout le monde), mais méfiez-vous des bandes-annonces. Celle des Irréductibles laissait supposer une bonne vieille comédie franchouillarde, vaguement inspirée par l'actualité sociale, le genre de film à se faire son public entre Camping et Comme t'y es belle.
Le piège était grossier ; je suis tombé dedans.
Car Les Irréductibles, c'est mille fois plus que cela et, surtout, c'est tout sauf sa bande-annonce. Certes, le film est drôle, mais il est avant tout humain, tendre, pudique, et il vous promène allègrement du rire aux larmes, sans jamais forcer le trait. Bref, hier soir, j'ai bien cru voir une comédie à l'anglaise.
Car le début du film fait vraiment penser à une chronique sociale : dans la France profonde, la fermeture de leur usine force deux amis quarantenaires (Jacques Gamblin et Kad Merad) à chercher du travail. Oui mais voilà, qui dit travail dit bac, et le bac, eux, ils ne l'ont pas. Qu'à cela ne tienne, ils décident de reprendre leurs études…
La suite, c'est du bonheur en tandem, du plaisir en roue libre : l'histoire d'amitié entre ces deux copains sonnent incroyablement juste. Pourtant, ce ne sont vraiment pas des super-héros, entre celui qui est obstiné comme un baudet du Poitou et son comparse qui a bien du mal à séduire les femmes… Eh ben si, finalement, ce sont des héros, car ils décident de ne pas baisser les bras et, plutôt que de se faire écraser, de lutter, non pas contre le système (ils ne s'en sentent pas capables), mais pour eux-même. Le thème principal s'accompagne en outre d'une jolie collection d'histoires satellites. Des histoires d'amour, le plus souvent, mais pas seulement : le conflit des générations y est également abordé de bien belle manière.
Le tout est servi par une musique particulièrement bien choisie et une interprétation irréprochable, en particulier Rufus (merveilleux Pierrot tombé dans le costume d'un patron paternaliste) et Hélène Vincent, émouvante de sensibilité. Quant à Anne Brochet, c'est pas possible, on nous l'a changée ! Si vous n'avez gardé d'elle que les souvenirs fanfreluchés et endeuillés de Cyrano ou de Tous les matins du monde, vous découvrirez une nouvelle facette de son talent avec son interprétation de la femme de Gamblin : elle y est tout simplement belle, drôle et lumineuse.
Quant à ceux qui ont – au moins une fois dans leur vie – eu affaire à l'ANPE, les scènes du film qui s'y déroulent sont de grands moments de bravoure.
Ces Irréductibles-là font croire en un monde meilleur et rien que pour ça, tiens, ben moi, je les aime !
Cinéphage Fogg, gentleman illimité. June 05 Da Vinci crotte1er voyage :
Ma première étape m'a amené devant LE film le plus attendu de l'année : "Da Vinci code" (qui a dit "Big Mama 3" ?).
"Da Vinci bof", pour être exact. Déjà, j'avais dû me farcir le livre, boulot oblige. J'avais pas aimé. Mais là, dans un élan masochiste d'une rare intensité, je m'en suis remis une couche avec le film. Comment, d'ailleurs, parler d'un truc qui réussit l'exploit d'être d'un inintérêt aussi historique. Il y aurait tellement (de mal) à dire que j'en ai des crampes au clavier par avance. Aussi vais-je résumer, ceux qui voudront des précisions me téléphoneront. Rien ne sonne vrai dans ce... euh... film (?). Mise en image sur une musique profondément grand-guignolesque, l'histoire perd les miasmes d'intérêt que pouvait avoir le livre. Pas vraiment de scénario convainquant... on espère donc que l'interprétation va sauver les 2h30 qui restent. Peine perdue. Déjà, interprétation, c'est un gros mot. Figuration, peut-être... On nous annonçait le casting du siècle et que voit-on à l'écran ? Les personnages les plus fadasses de l'histoire du cinéma !!! Tom Hanks est en pleine perdition (et là, malheureusement, il ne s'agit plus des sentiers...) ; il semble plus s'interroger sur sa présence dans le film que sur la découverte du saint Graal. Audrey Tautou n'est pas du tout à l'aise avec son personnage (on la comprend, il est tellement creux !). Jean Reno est lââââââââârgement sous-employé (bon, ok, je ne suis pas objectif, j'aime beaucoup cet acteur). Bref, c'est Waterloo sur pellicule. Les répliques sont à pleurer : à ne pas râter - pour les extrémistes qui sont allés ou vont aller le voir quand même - la scène des toilettes du Louvre, quand Audrey Tautou se retourne brusquement vers Tom Hanks et lui déclare super sérieusement, comme si l'avenir du monde en dépendait : "Jacques Saunière était mon grand-père !". On sent bien toute l'influence directe du cours Florent et de la Comédie française dans cette réplique. Grandiose, surtout face à un Tom Hanks aussi expressif qu'un plum-pudding. "Les feux de l'amour" à côté, c'est Shakespeare ! L'hillarité n'est pas loin. La consternation non plus. Seuls tirent leur épingle du jeu Paul Bettany (exceptionnel de fragilité dans un rôle ingrat) et Etienne Chicot (lumineux d'ironie et de présence débonnaire). Autre vieux routard qui surnage par-dessus ce marais putride : Ian Mc Kellen, qui a gardé de Gandalf, une certaine magie dans ses apparitions. Quel magnétisme, ce Mc Kellen ! Et je ne rentrerai pas dans le pseudo-débat théologique car, franchement, il n'y a pas de quoi en faire une gastroentérite. La seule révélation du film, c'est que les miracles n'existent pas : Ron Howard n'est qu'un faiseur de films post-ado, pas un réalisateur, et Dieu ne lui a manifestement pas envoyé le Saint Esprit. Finalement, on se demande s'il n'a pas voulu faire mieux que Besson en réalisant un film à la gloire de Paris à travers tous les poncifs : Paris, ses musées, sa pyramide (oui, celle de Mitterramsès !), ses châteaux, ses églises, son bois à putes... Vous l'aurez sans doute remarqué, j'ai cru que je m'étais trompé de séance et que j'étais venu voir "Poséidon", film catastrophe au sens littéral du terme, prévu pour sortir pendant les vacances, ce qui ne manquera pas de faire flipper les milliers de touristes qui se préparent une croisière...
Pour me remettre de ce dépit, je suis allé voir "X-Men 3, l'affrontement final", film grand spectacle lui aussi, issu... d'une BD américaine. Moi qui voulais m'échapper du monde des livres... zut, flûte, encore un échec ! A la différence de "Mission impossible 3" (je n'avais pas aimé le premier, franchement détesté le second, mais je suis quand même allé voir le 3, au cas où... Perdu !), à cette différence, disais-je, j'avais plutôt bien aimé les deux premiers opus orchestrés pas Bryan Singer. Comme on nous annonçait un final pétaradant, je frétillais de bonheur en me rendant à la projection. Et j'en suis ressorti pour le moins perplexe. Certes il y a une cohérence par rapport aux deux premiers, mais j'ai eu le sentiment d'un épisode un peu bâclé. Ben oui, "faut en finir, disaient dans les bureaux de la Fox les gros messieurs à cigares, et vite, parce que les mutants, ça commence à bien faire, et faut qu'on coupe l'herbe sous le pied de "Superman" (produit par la Warner), alors Coco, les bizarres en cuir, tu nous les boucles en vitesse !" "Coco", c'est Brett Ratner, sûrement un type malchanceux parce que sur ce coup-là, il récupère le poste à la dernière minute (après le départ de Singer sur... "Superman"), avec des délais impossibles et un budget ridiculement réduit. "Coco" n'a pas pu faire de miracle non plus. Il a torché l'affaire en 1h45, plutôt proprement, mais en laissant un désagréable arrière-goût de trop peu. Que sont devenus des personnages aussi intéressants que Diablo, le Crapaud ou Dents-de-sabre ? Volatilisés ! Certes, on nous a vaguement dédommagé avec le Fauve et le Fléau. Mais pourquoi diantre a-t-on complètement sous-exploité Angel et Colossus ? Quand à Malicia, on se demande ce qu'elle fait encore là... Et puis, fan des comics, j'ai forcément des regrets : "Ben, pourquoi qu'y z'ont pas utilisé Cable, Psylocke, Vif-Argent ou le Colosse ? Hein ? Bouhouhou !" Pour autant, et tout bien réfléchi, j'ai bien aimé "X-Men 3". En tous cas, infiniment plus que le Da Vinci chose. Et quitte à voir des acteurs français, il y a en ce moment d'excellents films sur les écrans : "Les brigades du tigre", "OSS 117", "Comme t'y es belle" ou même "Camping"... Si le temps c'est de l'argent, ne perdons ni l'un ni l'autre dans le film de Ron Howard, et allons titiller du mutant, c'est plus divertissant...
Cinéphage Fogg, gentleman illimité. A mourir de lire ! (Litterare ralebolum)Ces lignes, vous les devez à quelques amis indulgents, parmi les plus fidèles et les plus chers à mon coeur : "Wonder Woman" Gwladys, "La Plume" Danièle et Eric "L'araignée" (surnom idoine pour un homme qui connaît aussi bien la toile et les super-héros tisseurs...).
Ce sont eux qui, régulièrement, se sont émus qu'on ne commémora point ces chers disparus que sont le docteur T. et son confrère (en un ou deux mots) le docteur B.
Il se trouve que ces deux praticiens (à leur mémère) étaient de mes connaissances, membres éminents du même club de gentlemen que votre serviteur. Certes, je ne suis qu'un modeste rangeur de livres, un rat de bibliothèque, un maniaque de la conservation des beaux, et les moins beaux (comme le poète Arthur... Arthur Moinbeau ! Arf, arf, arf !!!), objets littéraires. Pourtant, j'ai décidé de me faire violence et de partir sur leurs traces, poursuivant leur oeuvre à travers des mondes inexplorés.
Cela tombait plutôt bien : j'en avais assez de LIRE !!! Vous qui lisez pour le plaisir, ou par gentillesse (comme cette chronique), vous ne pouvez pas savoir ce que c'est que d'ingurgiter pour le boulot romans, bandes-dessinées, beaux livres... jusqu'à l'écoeurement. Je me voyais déjà mourir de lire, triste, gris, obèse, écrasé par un improbable empilement de documents, les pieds entravés par les journaux professionnels. Je n'étais plus un homme libre, j'étais un numéro de licence Electre. Alors, j'ai eu un mouvement de révolte.
Oui ! Tel l'esclave brisant ses chaînes, je me suis arraché au catalogage rigoureux de livres aussi indispensables que "Bien vivre sa prothèse dentaire" (de Véronique Dupuis, aux éditions Pradel), "Le dépistage du cancer colorectal : états des lieux et perspectives" (chez Springer) ou "Pathologie du testicule et des organes génitaux externes masculins" (éditions Elsevier) - pour ceux qui ont encore un doute : oui, je m'occupe du rayon médecine ! - je m'en suis arraché, disais-je, pour d'incroyables et mystérieux périples dans le monde merveilleux des salles obscures...
Ce lieu sera donc celui de mes récits, de mes carnets de voyage cinématographiques. Alea jacta est...
Cinéphage Fogg, gentleman illimité.
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