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    November 11

    Arrivée-derci.

    80ème et dernière chronique :

    "Finir est souvent plus difficile que commencer."

    Ce n'est pas moi qui le dit, mais Jack Beauregard / Henry Fonda dans Mon nom est personne.

    Pourtant, il faut bien partir un jour, sans retour, effacer notre amour, sans se retourner ne pas regretter, etc, etc, etc...
    Sauf que là, moi, j'arrive juste à la fin d'une belle aventure et de ces 80 voyages cinématographiques que je m'étais fixés. Alors je me suis dit, dans mon for intérieur que j'ai à moi personnellement, qu'il fallait finir sur un feu d'artifice.

    Et je vous en ai trouvé un beau. Un pur. Un joyau en corne d'or massif.

    Turkish Star Wars.

    J'espère qu'en 80 films (si vous êtes de fidèles lecteurs), vous avez fini par vous convaincre que les OVNI existent. Non, ce n'est pas la peine d'aller chercher un exorciste, Jean-Claude Bourret n'a pas pris possession de mon petit corps de rêve. Je parlais des Objets Visuels Non Identifiables. Eh ben Turkish Star Wars, c'est le vaisseau amiral !!! Une fois qu'on a vu ça, on peut mourir tranquille.
    Et comme, avec mes amis Hemlock et Misterbook, nous avons eu la chance de le voir sur grand écran à l'occasion de l'Etrange festival de Strasbourg, je ne vous raconte pas, je suis bon pour me dissoudre dans l'univers.

    Alors, comme souvent une illustration vaut mieux qu'un long discours, je vous propose de jeter un oeil aiguisé là-dessus, et on en reparle après :

     
    Turkish star wars
    Vous n'y avez rien compris ? Certaines images vous ont semblé familières ? Vous trouvez les casques de motocyclette délicieusement kitsch et les costumes à la limite de la fête SM ? Vous avez RAISON !!!
    Parce que Turkish Star Wars est au cinéma ce que le gloubiboulga est à la gastronomie.
     
    Prenez deux couillons intergalactiques, bien machos et bien chevelus, genre Ringo-sans-Sheila à la grande époque. Vous leur collez un casque ridicule sur leur abondante crinière et des morceaux entiers de Star Wars : Un nouvel espoir (à l'époque où ça s'appelait encore sobrement La guerre des étoiles) derrière eux, en fond. Puis, vous racontez mais vraiment n'importe quoi sur l'avenir de la Terre, la fission nucléaire, le cerveau humain et la pêche aux moules en Albanie du sud. Ca, c'est déjà grandiose, mais ce n'est que l'introduction.
    Ensuite, les deux zéros, là, ils se retrouvent Allah-sait-comment sur une planète ? (Tapez 1)... une étoile ? (Tapez 2)... un météorite ? (Tapez 3)... un décor tout pourri ? (Tapez le scénariste). Ils y redécouvrent avec bonheur les pyramides d'Egypte et en profitent pour faire un peu de tourisme. De courte durée, puisqu'ils vont être poursuivis par une horde de vilains bien pittoresques, qui vont des gros Muppets en peluche à des momies plâtrées en passant par des gladiateurs et des comiques portant masques de carnaval. Ca se prend de grandes mandales d'un kung-fu assez approximatif, ça ne meurt pas beaucoup (tandis que le spectateur, lui, est déjà mort de rire depuis les six premières minutes) et ça revient en nombre selon la recette éprouvée du "Quand y en a p'u, y en a encore". La preuve :
       
         
     

     Je vous avais prévenu, ça ne rigole pas. Et les Monty Pythons n'ont qu'à bien se tenir.
    Certains d'entre vous, les plus observateurs ou les plus pénibles, argueront que les images sont de mauvaise qualité. Certes. Mais, Votre Honneur, la Défense se doit d'objecter que la seule existence de ces images est déjà, en soit, un miracle absolu.
    Bougez pas, j'vous explique. (On reprendra le fil des aventures des deux grands singes après... et c'est moi qui commande ici !)
    Dans les années 70-80, nos amis stambouliotes avaient une marotte rigolote : refaire les films états-uniens qui marchaient bien (poil aux mains). Ca nous a donné, notamment, un E.T. l'extraterrestre ressemblant étrangement à Elephant Man nain, survolant la Mosquée bleue dans un landau du XIXème siècle. Tout bonnement incroyable. Et je ne parle pas du Captain America affrontant un Spiderman en costume vert. Là, on atteint des sommets. Comme si, à force de creuser le sol de la nullité, ils avaient débouché en Chine ! Mais si nous n'en avons eu que peu d'écho jusqu'à présent, c'est parce que ces bandes ont été généralement détruites au fur et à mesure afin de récupérer les matériaux nécessaires à la fabrication de bandes neuves. A la manière des moines copistes du Moyen-Age, ils ont fait du neuf avec du vieux. Hélas, combien de chefs d'oeuvre ont ainsi disparu, victimes d'un recyclage barbare ? C'est à pleurer. Et figurez-vous que Turkish Star Wars a bien failli brûler dans le même holocauste ! Heureusement, quelques vieilles copies toutes abîmées, enregistrées sur bande magnétique, nous sont finalement parvenues. Les dieux en soient éternellement loués (comme le poulet), sans quoi je ne pouvais clôturer ce blog sur un tel trésor !
     
    Revenons-en à présent aux deux zigotos en costume moulant. Je vous l'ai dit, ils ont fort à faire avec une tribu de méchants très moches. Aussi doivent-ils prendre un moment dans le film pour s'entraîner un peu. C'est de bonne guerre. Et ça nous donne un petit coup de San Ku Kaï byzantin, quelque chose de sévère: 
     
         

    J'vous avais pas menti, hein ?
    (Spéciale dédicace à Hemlock, qui hurle de rire sur ce qu'elle appelle le "tapotage de cailloux")
    Alors oui, la musique que vous entendez en fond, c'est bien Les aventuriers de l'Arche perdue. Parce que la particularité de Turkish Star Wars, c'est d'avoir été tourné par des fous furieux qui n'ont aucun sens moral. En plus de piller allègrement des morceaux entiers d'Un nouvel espoir, ils se sont fait une petite bande-son pas chère, entre les classiques de John Williams et des petits coups de Flash [A-aaaaaaaaaaaah] Gordon ou Le trou noir. Ah mes enfants, je vous l'avais dit, c'est du patchwork ! Mais du patchwork fabriqué à l'arrache par un sous-doué qui tient la caméra et un monteur accro aux drogues dures.
    Quant au bloc de granit bondissant, cheveux argent et regard bleu-azur, c'est le célébrissime acteur Cüneyt Arkin, LE Alain Delon turc, dont le jeu est un hommage perpétuel aux grandes heures de Charles Bronson.
     
    Bon, la suite, c'est impossible à raconter, alors je ne vais même pas essayer. J'ai juste bien aimé la retraite mystique dans la caverne, avec un Obi-Wan Kenobi du désert qui explique que l'Islam est la grande religion de l'espace et que Allah est avec toi, jeune padavoine. L'épée en forme de pique à saucisses-cocktail, le cerveau en noix peinte, les gants en or et les Converse dorées, c'est tout simplement... comment dire ?... euh... culte.
     
    Oui, Turkish Star Wars est culte. Au même titre, sans doute, que les délires visuels d'Ed Wood ou le "coloré" StarcrashLa folle histoire de l'espace, à côté, c'est du Kubrick. Du culte qui a changé la face du cinéma international. Je ne pouvais pas finir avec moins.
     
    "La boucle est maintenant bouclée", comme disait le grand asthmatique en noir, avec le pot de chambre sur la tête.
     
    Je vous embrasse et vous souhaite bon vent.
     
    Et n'oubliez pas : May the Force be with you.
     
    Always.
     
    Cinéphage Fogg, gentleman illimité.
     
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    November 03

    L'étoile du soir.

    79ème chronique :

    J'aime le cinéma quand il me fait rêver. Parfois, il y parvient avec des films tout simples, même pas inoubliables, mais suffisamment sympathiques pour nous emmener, deux heures durant, dans un autre monde. Particulièrement quand ce monde est peuplé de fées, de chevaliers, de pirates, d'aventures et de bons sentiments.

    Stardust, le mystère de l'étoile, c'est exactement ça. Et il est bougrement attachant, ce film.
    A première vue, c'est un conte pour enfant. Mais, par bonheur, il y a également une lecture pour les adultes, pleine d'humour, de surprises et de joyeux clins d'oeil, notamment à d'autres films comme Star Wars ("Tes émotions te trahissent, Yvaine. Tu dois apprendre à les contrôler.", ou quand Bob De Niro se prend pour Maître Yoda !).

    Une fois qu'on a fait abstraction de l'énervante musique (une sous-copie du Seigneur des anneaux, beûark !) et du jeu super limitée de Claire Danes (trois grimaces et quinze roulements d'yeux ; différents, quand même, ce qui force le respect), eh bin vous vous promenez avec un sourire béat dans ce monde étrange concocté par les magiciens d'ILM, l'usine à rêves de George Lucas. Et je vous recommande en particulier le gardien du mur et les sept fils du roi de Stormhold, de vraies trouvailles comiques.

    Parce que ce film s'inscrit dans la droite ligne du Princess Bride de Rob Reiner, c'est à dire du film tout public gentiment parodique. Et les acteurs ne s'y sont pas trompés, notamment Robert De Niro, qui nous livre une prestation... haute en couleur ! Son Capitaine Shakespeare restera dans les anales !!! Quant à la superbe Michelle Pfeiffer, elle prend manifestement beaucoup de plaisir à s'enlaidir dans le rôle d'une sorcière cruelle et impitoyable. D'autres acteurs font de brefs passages tout aussi jubilatoires : Peter O'Toole, Rupert Everett, Jason Fleyming ou Mark Williams. Même Ian McKellen - éternel Gandalf - y fait une apparition... sonore, puisque c'est lui le narrateur dans la version originale.

    Bref, pour conclure, cette poussière d'étoile, c'est un putain de bon moment. Voilà. Et c'est un VRAI conte de fée aussi. Il fallait bien cela pour venir mettre un point final à ce blog. Eh oui, nous sommes arrivés au bout du voyage, mes chers amis ! Si, si, regardez bien l'album "Les photos de mon blog" dans la colonne de gauche et vous verrez que nous sommes arrivés à 80 films, comme prévu. Avant de refermer définitivement les pages de cette aventure, je reviendrai vous livrer une ultime chronique, sur un film mythique.
    Il me plaît de finir sur Stardust, le mystère de l'étoile, parce que, comme les étoiles (même celles du cinéma), ce blog désormais mort restera encore un peu visible, quelques temps...

    Cinéphage Fogg, gentleman illimité.

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    (Sûrement le meilleur rôle de De Niro !)

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    (Fantômes de compagnie)