| Cinéphage Fogg's profileLes voyages de Cinéphage...PhotosBlogLists | Help |
|
October 30 La colle pour tous.25ème voyage :Je crois qu'on va battre le record de la chronique la plus courte de l'année... Le film s'appelle L'école pour tous, et tout - de l'affiche au casting - est là pour vous annoncer la couleur : c'est un film où k'on rigole, c'est une KOMEDIE !!! La recette de la Komédie est simple comme un bonjour sans pain : vous prenez un peu de P.R.O.F.S., un peu de Le pion et un peu de Le plus beau métier du monde. Comme on n'est pas chiche, vous pouvez même prendre un peu d'autres films qui ont à peu près la même saveur, au contraire, le côté Gloubiboulga, c'est très tendance. Vous mélangez énergiquement le tout, vous l'étalez sur une pellicule toute neuve (elle), vous attendez 1H30, et surtout, surtout, vous veillez bien à ce que ça trempe dans le potache. Longtemps. Trèèèèèès longtemps. Et là... ... Tadâââââââââââââââ ! Vous venez de démouler L'école pour tous ! Ou "l'alcool pour tous". Ou "la colle pour tous". Oui, enfin, je ne sais pas à quoi ils ont carburé dans ce film, mais ça a fait des ravages, grave. On a l'impression que tout le monde se comporte comme devant un gros canulard, et que personne n'y croit vraiment. Ni les profs, ni les élèves, et encore moins les spectateurs. Pourtant Arié Elmaleh, tout droit sorti des pubs SFR où sa mère grimpe au plafond, s'en sort très bien, dans son rôle de roublard immature qui - par un improbable concours de circonstances - prend la place d'un prof dans un collège de banlieue. Il a beau déborder d'énergie, il ne peut malheureusement rien faire contre le catalogue de poncifs et la purée de valeurs lénifiantes dans lesquels il est contraint de patauger. Une comédie sans prétention, donc... et sans grand intérêt non plus.
Cinéphage Fogg, gentleman illimité. October 29 La mortadelle agglutinée.24ème voyage :La fourmi ayant chanté tout l'été au Burkina Faso, elle se trouva fort dépourvue quand la sécheresse fut venue. La termite, pendant ce temps-là, faisait des pâtés de boue avec ses petites mandibules, protégeant sa pondeuse de reine aux allures de maman-alien. Tout autour s'égayent des larves translucides ressemblant à Casper le fantôme. Tout va pour le mieux dans la meilleure des termitières du monde. Mais le danger rôde alentour... Maître fourmi magnan, par l'odeur alléchée, lui tint à peu près ce langage : "Hey, la termite, viens-y voir un peu ici que j'te bouffe !" Là-dessus, au fond de la savane, la fourmi l'emporte et puis la mange, sans autre forme de procès. Enfin, ça ne se passe pas tout-à-fait comme ça. Parce que la fourmi, elle s'y met à quelques milliers pour se faire un casse-dalle, et elle attaque en vrac, en masse, en grappes. Elle attrape, déchiquette, dépèce. C'est affreux. Avec sa tête de cerise aplatie, elle sème la désolation parmi les termites-onnées. Une vraie boucherie. Le fort Alamo des termites. La Bérésina des fourmis. Le tout filmé comme le siège de Minas Tirith dans Le seigneur des anneaux. De profundis morpionibus... Voilà, le film s'appelle La citadelle assiégée, et il grouille déjà sur vos écrans. Je vous garantis qu'après, vous ne regarderez plus jamais ces petites bébêtes de la même manière. (Cette chronique était sponsorisée par Baygon Vert.)
Cinéphage Fogg, gentleman illimité. October 25 Rectificatif (eh, tondu !)Je voudrais m'excuser platement auprès des personnes qui, régulièrement (à moins que ce ne fusse toujours la même ?), tombent sur mes modestes chroniques après avoir consciencieusement tapé "Edwige Fenech" sur Google. Tout cela à cause de l'un de mes commentaires, dans lequel je ne résistais pas à la tentation d'un jeu de mots douteux.
Oui, oui, pardon à vous, chers fans de cette monumentale actrice qui fut à l'affiche de films aussi indispensables qu'oscarisables comme Les folles nuits de la Bovary ou Le con et la flic chez les poulets.
Cela méritait bien - je crois - ce billet. Justice est rendue.
Cinéphage Fogg, gentleman repentant (en emporte le vent). October 17 Ca vous chatouille ou ça vous gratouille ?23ème voyage :Après avoir consciencieusement étudié des disciplines aussi élémentaires (mon cher Watson) que l'histoire, la géographie, le sport et la comédie, j'ai décidé de changer un peu et j'ai pris une leçon de choses. Leçon de choses... J'ai l'impression d'être Highlander quand j'écris cela. Et la perspective d'être comparé à Christophe Lambert m'inquiète un petit peu... Pourtant, c'est comme ça que cela s'appelait... "de mon temps"... (Voilà, c'était la demi-minute de nostalgie ; donc, ça, c'est fait.) Et puis, le mammouth a décidé que ça faisait cul-cul-la-praline, alors on a changé de vocable et c'est devenu "Sciences naturelles". "Sciences nat.", comme on disait pour faire les grands. Au lycée, c'est-à-dire au bahut, on nous a dit que ça s'appelait "Biologie". "Biolo", comme on disait pour faire "in", avec nos trois poils au menton, notre acnée et notre frénésie sexuelle assez théorique. Maintenant, il paraît que ça s'appelle "Sciences et vie de la Terre". "SVT", comme disent les d'jeun's pour nous faire passer pour des vieux cons. Pourtant, c'est peut-être la dénomination la plus juste et la plus belle. Sciences et vie de la Terre... Ca évolue, c'est bien. L'Educ Nat (comme disent les Iufmiens) sait se faire poète. Mais c'est peut-être une discipline en voie d'extinction... En tout cas, c'est ce qu'a essayé de nous expliquer le prof pendant une heure trente. Et pas n'importe quel prof, non, non, non ! Mister Al Gore himself, oui, oui, oui. Parfaitement. "L'ex-futur président des Etats-Unis", comme il aime à le dire lui-même. Parce qu'il a de l'humour, Alounet. Heureusement. Sans quoi il y aurait une vague de suicides collectifs à la fin de son film, Une vérité qui dérange. D'ailleurs, ce n'est pas vraiment un film, mais plutôt une conférence sur le réchauffement climatique et ses conséquences pour notre futur. Pas franchement réjouissant, comme tableau, même si Al essaie de nous faire passer la pillule avec deux ou trois plaisanteries sympatoches. Mais on rit jaune. Si j'osais, je dirais même que c'est franchement... gore. On pourra le reprocher. Al Gore, c'est un peu Oui-Oui : Al Gore manie merveilleusement bien Powerpoint, Al Gore attaque les méchants pollueurs, Al Gore voyage, Al Gore se fait applaudir, Al Gore égratigne la politique environnementale des Etats-Unis depuis plusieurs années, Al Gore se prend une branlée aux élections, etc... Bref, il est partout. Ben, c'est un peu normal, ce film, c'est son bébé. Et puis tout le monde ne peut pas essayer ses cigares avec Monica Lewisky... Il faut bien qu'il y en ait qui travaille un peu sur de vraies questions. C'est donc Al qui s'y est collé (il paraît d'ailleurs que, depuis, des mauvaises langues l'appellent Al Colle, mais cette information n'est pas du tout vérifiée...). Certains effets d'Une vérité qui dérange peuvent agacer, mais pour moi le film touche au but, même avec sa pédagogie toute états-unienne : sens du spectacle et de la formule, certes, mais aussi pragmatisme. Ni angélisme, ni catastrophisme. Une vision claire et accessible à tous. Juste la volonté de faire comprendre A TOUT LE MONDE qu'on est en train de s'enfoncer dans une belle mélasse, et qu'on n'a pas beaucoup de temps pour réagir. Preuves (irréfutables) à l'appui. Et en voici une autre : je n'ai pas baillé un seul instant. Et j'ai tout compris. Et j'ai eu un retour de flamme écolo. C'est dire...
Cinéphage Fogg, gentleman illimité. October 04 Prête-moi ta main... et prends la mien-neuh ! (sur un air connu)22ème voyage :Allez, hop, ça faisait longtemps ! Hier soir, on s'est fait une nouvelle avant-première. Ca s'appelle Prête-moi ta main, ça sort le 1er novembre, et c'est une sacrément bonne comédie. Oui, m'sieurs - dames, tel que j'vous l'cause. En fait, j'avais tellement envie de retourner au cinoche après quinze jours d'abstinence pendant lesquelles je suis allé me faire voir chez les Turcs, que j'étais prêt à sauter sur n'importe quel film. D'un oeil torve j'ai passé en revue la programmation de ma salle préférée, effondré devant tout le retard accumulé. J'ai donc fait un choix lapidaire pour la nouveauté : j'ai vu "avant-première" et "en présence d'Alain Chabat"... j'ai dit : "C'est pour ouam !" et vlan, me v'là dans la salle. C'est de ma faute, j'avais pas lu la brioche fourrée... pardon, le "pitch" veux-je dire, selon l'expression favorite d'Ardicon (où ça une cédille ?). Aussi, quand arrive l'heure tant attendue de la projection, grosse frayeur : la pépette qui nous fait l'animation en mode "waouh-j'suis-super-contente-d'être-avec-vous-ce-soir" nous annonce que le réalisateur du film-que-c'est-qu'on-va-r'garder a commis (j'insiste sur ce mot) Mais qui a tué Pamela Rose ? et Un ticket pour l'espace... ???... GAAAARGLLLLLL !!! Bon, ben voilà, la soirée est foutue, bonne nuit Cinéphageounet, réveil dans 1h30... Là, Blier père aurait dit : "Alors, il dort, le gros con ?". Eh ben NON !!! Comment dormir devant cette poilante comédie sans prétention, génialement saupoudrée des restes de l'esprit Nuls élevé en fût ? Prête-moi ta main se déguste comme une vieille liqueur qui aurait un goût de pomme et le parfum des meilleures années de Canal Plus. De parfum, il en est justement question dans le film. Puisque le personnage principal, Luis (Alain Chabat), quadra farouchement attaché à sa liberté et son célibat, est nez (le divin enfant... bon, celle-là, elle est faite), comprenez qu'il fabrique des parfums pour ces femmes qu'il semble tant apprécier. Oui mais voilà, Luis a une malédiction qui lui pourrit légèrement son quotidien : sa famille. Plus exactement sa mère (redoutable Bernadette Lafont) et ses cinq soeurs, qui se mettent en tête de lui trouver une épouse. Pris au piège, Luis monte le plan du siècle : louer quelqu'un pour jouer ladite fiancée, qui l'abandonnera le jour du mariage. Il est persuadé qu'après ça, plus personne ne lui parlera mariage. Mais son choix se porte sur la soeur de son meilleur ami (Charlotte Gainsbourg), en quête d'un boulot, et là, tout se complique. Bon, je le concède, c'est un peu cousu de fil blanc. On voit assez vite où tout cela va nous mener. Mais comme l'a dit fort justement Chabat hier soir : "Quand une comédie sentimentale ne finit pas bien, j'ai envie de casser un fauteuil ! J'ai un côté midinette." AAAAAAAAAAAAAH, la vache, CA FAIT DU BIEN d'entendre ça ! Qu'un mec ose enfin dire, haut et fort, en public et devant témoins, qu'on peut être un mâle et adorer les comédies sentimentales, j'ai vécu ça comme une libération. Qui plus est, il a cité quelques titres de référence et je me suis aperçu qu'on avait les mêmes : Quand Harry rencontre Sally, Coup de foudre à Notting Hill, Elle et lui... Acrénondidjiu, c'est décidé, à partir de maintenant je ne me retiendrai plus de pleurer à la fin de Love actually. Moi aussi j'ai besoin de bons sentiments, de rires, de rêve. Pas tout le temps, mais un peu souvent quand même. Sinon je m'éteins. Hier soir il y avait de la lumière. Beaucoup. Une heure et demie de lumière. Surtout par la présence quasi divine à l'écran de Lolotte Gainsbourg. Son interprétation est légère, magnétique, nuancée, irrationnelle. Pour un film sur un nez, Eric Lartigau, le réalisateur, a eu du pif de lui confier la lourde tache de faire face à Alain Chabat. Lequel s'en donne à coeur joie. Les séquences de flash-back au début du film, c'est du grand Chabat. Depuis le très bon Papa (quoi qu'on en ait dit), je suis persuadé qu'il n'a pas fini de nous surprendre. Tous deux sont servis par des dialogues qui tombent juste et une mécanique du rire fort bien huilée. La comédie sentimentale n'est définitivement plus l'apanage des Anglo-saxons (pon pon pon pon). Qu'on aime ou pas son cinéma, Danièle Thompson (Décalage horaire, Fauteuils d'orchestre) a ouvert la brèche. D'autres s'y sont engouffrés, et depuis quelques temps avec bonheur : Comme t'y es belle, J'invente rien... Pas des monuments du cinéma. Juste des films. Du plaisir. Un peu de bonheur. Et hier soir, Prête-moi ta main a rallumé une petite étincelle dans mes yeux fatigués.
Cinéphage Fogg, gentleman illimité. |
|
|