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January 31 L'attaque des clowns.On s'en doutait un peu, mais on ne savait pas à quel point les Etats-uniens sont en avance sur la question des bidouillages ogémo-génético-biologiques. La preuve en images : January 29 Encore !!!Le plus fort, c'est qui ? C'est Rocky !45ème voyage :Enfin, ça y est, je suis allé voir le looser magnifique : Rocky Balboa. J'ai presque eu du mal à le reconnaître. Le Rock a perdu de sa superbe. Forcément. Il y a l'âge, bien sûr. Et la mort d'Adrian, vaincue quelques années auparavant par un cancer. Depuis, Rocky radotte ses histoires dans son restau, cherche à se rapprocher de son fiston et boit des bières avec son beauf, le toujours aussi grincheux Paulie. Ca sent presque le sapin. Jusqu'au jour où des journaleux en manque de sensationnel imaginent un combat virtuel entre le champion du moment (Mason "The Line" Dixon) et le vieil étalon italien fatigué. Or l'ordinateur, après de savants calculs qu'on-comprend-même-pas-comment-il-les-a-faits, prétend que Rocky serait le vainqueur. De quoi aiguiser le sens des affaires des managers et réveiller le vieux champion. La vraie bonne surprise du film, c'est qu'on retrouve Rocky tel qu'il était il y a trente ans, le gars paumé des bas-quartiers de Philadelphie. Même s'il a un peu plus d'expérience, il a retrouvé sa candeur et sa fragilité. Oublié le temps des catcheurs vikings et des assassins du pays des Soviets. Le look aussi, hélas, est revenu aux origines, avec le fameux galurin ridicule. Mais tout est là comme au départ - des vétérans survivants (Paulie et l'entraîneur Duke) aux souvenirs d'Adrian et de Mickey - pour nous faire retrouver un vieux copain, le boxeur au grand coeur et pas très finaud. En même temps, il n'est pas là pour déclamer du Shakespeare. Comme le dit l'un des personnage du film : "Un boxeur, ça boxe." Voilà. Ce n'est pas du Spinoza, d'accord, mais qui parmi nous fait du Spinoza tous les jours ? (Bon, moi, je fais Kafka tous les jours, mais ce n'est pas pareil) Ce n'est pas non plus du Proust, et pourtant j'ai pleuré comme une madeleine. Rocky, je l'ai découvert à la télé, en fin de collège. Il ne m'a plus quitté jusqu'au bac. Lorsque je partais passer des examens, je me mettais un petit coup de "Gonna fly now" sur le chemin, dans mon joli baladeur à cassettes (les moins de trente ans peuvent difficilement comprendre...). Quelques années plus tard, j'ai rencontré une fille qui m'a avoué qu'elle faisait la même chose ; du coup, j'en suis tombé fou amoureux (mais c'est elle qui m'a mis KO). Comme Rocky, j'ai connu les victoires, les défaites, la reconnaissance et les coups dans la gueule. C'est ce qui le rend attachant : il est terriblement humain (bien que terriblement body-buildé). Et puis Rocky, c'était également une époque. Celle de l'Amérique d'avant et pendant Reagan, seule puissance à pouvoir tenir tête à l'URSS. C'était le modèle états-unien de l'homme (d'origine immigrée, en plus) qui se fait tout seul, à la force du poignet. Dans le genre, les gamins avaient Karaté Kid, les adultes avaient Rocky. Ce film regonflait à bloc. D'avantage qu'une saga, c'est une génération. Qui se prolonge un peu ; l'observation du public présent dans la salle me l'a prouvé. Ce sont des images (notamment le jogging jusqu'au musée de Philadelphie), un beuglement (Adriaaaaaaaaaaaaaaaaaan !) et surtout une musique (quand je suis sorti de la séance hier, et jusqu'à ce matin, j'avais encore la musique des Grosses Têtes dans ma caboche, c'était infernal !). Rocky Balboa n'est pas un très bon film, mais ce n'est pas grave, il est infiniment plus que cela. C'est une émotion. Et à ceux qui me jugeront trop indulgent je répondrai ceci : qu'on ne lutte pas contre un souvenir, et encore moins contre une émotion. La boucle est bouclée et, d'une certaine manière, Sylvester Stallone a offert une belle sortie au personnage qui a lancé sa carrière et qui, comme lui, a connu des hauts et des (très) bas. Alors, d'un dernier signe de la main, qu'il me soit permis de lui dire : "Salut, champion."
Cinéphage Fogg, gentleman illimité. Jacquou le craquant.44ème voyage :S'il y avait bien un nom qui me filait de l'allergie, c'était celui de Laurent Boutonnat. Le comparse - mentor de Mylène Farmer avait fini par m'exaspérer à force de ressasser toujours les mêmes trucs, les cimetières, la neige, les corbeaux, la misère humaine, etc. Bref, si vous étiez un tant soit peu tristounet, la moindre des oeuvres de monsieur Boutonnat suffisait à vous donner l'envie furieuse de vous suicider (regardez Giorgino pour vous en convaincre...). Aussi, lorsque j'ai vu la bande-annonce de son Jacquou le croquant, j'ai été favorablement surpris. Le film avait l'air lumineux, pas trop torturé et porté par d'excellents comédiens. Alors je me suis dit : "Pourquoi pas ?" Avant d'ajouter : "Au moins, si c'est une immonde daube, je n'aurai aucun mal à le déglinguer." Or, là, mes amis, il me faut me rendre à cette évidence : je ne pourrais jamais déglinguer ce film, ni dire du mal de Laurent Boutonnat, parce que j'ai vu JACQUOU LE CROQUANT ! Et que... j'ai ADORE. Il y a un petit moment que le cinéma français ne nous avait pas offert un film qui associe aussi bien lyrisme, poésie et romanesque. J'en suis resté baba (et la larme à l'oeil). Jacquou le croquant se taille une place entre Chouans ! de Philippe De Broca et Le pacte des loups de Christophe Gans. Mais cette fois la bête n'est pas dans le Gévaudan, elle est dans le coeur des hommes, surtout lorsqu'ils sont nobles, tyranniques et bien nourris. Car Jacquou le croquant est l'histoire d'une révolte paysanne au fin fond du Périgord. C'est aussi une histoire de vengeance, qui s'étale de la fin du Premier Empire au rétablissement de la République. C'est enfin l'histoire de la lutte séculaire entre les pauvres et les puissants qui les martyrisent (la lutte finale des campagnes, quoi !). Bien évidemment, raconté comme cela, je vous entends déjà ronchonner : "Houlàlà, mais c'est encore une resucée de la lutte des classes, ça ! C'est les Misérables dans la forêt périgourdine ! Sans famille chez les ruraux !" Vous n'auriez pas complètement tort. Vous pourriez même ajouter qu'il y a là de quoi y essaimer quelques corbeaux, quelques loups, quelques ambiances de neige et de nuit, comme les affectionnent tant le réalisateur. Oui, c'est vrai. Mais c'est aussi dramatiquement réducteur. Tous les effets qui, d'habitude, sont détestables (ralentis, gros plans, plans fixes silencieux, musique appuyée) prennent ici une force invraissemblable et donnent au film puissance, intensité et émotion là où, franchement, on ne les attendait pas. C'est une bien curieuse alchimie, dont je ne suis pas encore parvenu à séparer tous les ingrédients. Il y a certes la mise en scène, les formidables décors, la reconstitution et la musique. Mais je crois que c'est surtout par la qualité de son interprétation que le film éblouit. Tous les comédiens sont excellents, si bien qu'il n'y a pas de "petit" rôle. Tous sont habités par leur personnage, du métamorphe Albert Dupontel (le père) à la merveilleuse Marie-Josée Croze (la mère) en passant par la touchante Dora Doll (Fantille). Tchéky Karyo nous étonne avec un rôle terriblement humain (le chevalier) de vieillard observateur et bienveillant, tandis qu'Olivier Gourmet (le curé Bonal) livre plus que jamais toute l'étendue de son talent. Les acteurs plus jeunes font également sensation (Judith Davis, Jocelyn Quivrin, Malik Zidi et Gérald Thomassin). Quant à Gaspard Ulliel (Jacquou adulte), il est moins tête à claques et moins énervant que dans d'autres rôles (Paris je t'aime par exemple). Mais la palme absolue revient aux deux enfants Léo Legrand et Clémence Gautier, qui interprètent respectivement Jacquou et Lina. Ils sont d'une beauté et d'un naturel à tomber à la renverse. Je n'en suis toujours pas revenu. Ajoutez à cela un message humaniste pas trop lourdement amené, et vous obtenez Jacquou le croquant, un film inoubliable.
Cinéphage Fogg, gentleman illimité. January 26 Y a un truc...43ème voyage :Avant de faire un crochet par chez Rocky (crochet... arf, arf, arf... j'aime cet humour percutant qui ne manque pas de punch !), je suis allé voir L'illusionniste, un film de Neil Burger, réalisateur dont on ne sait rien et qui semble tout droit sorti du chapeau d'un producteur tout aussi inconnu. Déjà, là, je sens qu'il flotte comme un parfum de mystère... Au début du siècle avant-dernier, en Autriche, le célèbre illusionniste Eisenheim s'attire les foudres du Kronprinz Leopold en lorgnant un peu trop sur la future madame kaiser. Aussi, lorsque la gloire du magicien devient effrontément insupportable, et que celui-ci a vent du complot que fomente le vilain héritier du trône, Popold décide de le faire disparaître pour de bon. Pour cette tâche, il peut compter sur le besogneux et méthodique inspecteur Uhl (dont le prénom n'est pas Hank, je le précise pour ne pas me faire interdire de beulogue). Il fallait un film comme L'illusionniste pour faire oublier le déplorable Prestige de Christopher Nolan. Car le film de Neil Burger est à la fois une intrigue intéressante à suivre, mais également un plaisir pour les yeux. C'est sans doute le premier point qui pêche un peu : malgré un retournement de situation dans les dernières minutes du film, on imagine assez bien où l'histoire va nous mener. Le suspense a donc un peu de mal à tenir dans le deuxième moitié du film. En revanche, la magie du film repose beaucoup sur l'image très travaillée, les décors ciselés et l'envoûtante musique de Philip Glass. L'interprétation ne dénote pas : Edward Norton est impeccable, mais c'est sans doute Paul Giamatti qui attire le plus l'attention dans son interprétation trouble du Javert de service. Quant à Rufus Sewell, il a toujours autant la tête de noeud de l'emploi (voir The holiday pour s'en convaincre). Bref, L'illusionniste est un film de bonne facture, pas forcément très original mais propre et bien fait. Il se voit sans déplaisir et ça, ce n'est pas une illusion. Deux réflexions pour finir (elles me sont venues pendant le générique de fin, qui n'a souvent guère d'autre utilité) : primo, quand verra-t-on une transposition à l'écran d'un vrai magicien, celui qui a bercé mes lectures d'enfants, je veux parler de Mandrake ? Nom d'une pipe, voilà un personnage suffisamment riche pour en faire (au moins) un film ! Il fut un temps où les producteurs en mal d'idées ressortaient n'importe quelle antiquité, comme par exemple le Fantôme du Bengale. Pourquoi cet ostracisme pour le beau brun en haut de forme et fine moustache ? Tiens, justement, mon secundo porte sur la pilosité. Je me suis surpris, pendant la projection, à détailler tous les types de barbes et de moustaches. Il est vrai que le contexte historique s'y prêtait largement. Moustaches frisées, relevées, cirées, barbes plus ou moins longues, taillées en pointe ou en carré, fournies ou rases, mouches, impériales... il y en avait de toutes sortes et pour tous les goûts. Du coup, on se sent moins seul. Et l'on se prend à fredonner, en sortant du ciné, le grand air rendu célèbre par les Quatre Barbus : Honneur aux barbus ! musique de Rossini, paroles de Pierre Dac et Francis Blanche chanson interprétée par les Quatre Barbus
La barbe ! Toudoudoudou toudoudoudou toudoudoudou la lala la lala La barbe ! Toudoudoudou toudoudoudou toudoudoudou la lala la lala (Poum poum poum poum….) Ta padalala la, ta padalala la, tou loudouloulou loulou loudouloulou loulou lou loulouloulou oulouloulou ouloulouloulou Doudoudoudoudoum doudoudoudoudoum doudoudoudoudoum palala Doudoudoudoudoum doudoudoudoudoum doudoudoudoudoum pala Hm hm hm hm hm hm hm hm hm hm hm hm hm hm hm hmmm La barbe ! (Tchoup tchoup tchoup tchoup…) J’ai de la barbe, t’as de la barbe, nous avons et vous avez de la barbe Car un jeune homme qui sort sans sa barbe C’est un repas sans vin, un soleil sans rayon –on Poil au menton –on, poil au menton, poil au menton, Poil au poil au poil au poil au menton (Tchoup tchoup tchoup tchoup…) J’ai de la barbe, t’as de la barbe, nous avons et vous avez de la barbe Nous sommes les barbus, les valeureux barbus Jamais blessés, jamais vaincus, poil au poil au poil au poil au menton Vive la barbe ! Grâce à la barbe non jamais rien n’est perdu (vive les barbus) Vive la barbe ! Grâce à la barbe le pays sera défendu (vive les barbus) Plus de menton, plus de visage glabre, il faut des boucs, des pieds (?) et des mentons velus Ton ton ton ton ton ton ton ton Vive la barbe ! Grâce à la barbe non jamais rien n’est perdu (vive les barbus) Vive la barbe ! Grâce à la barbe le pays sera défendu (vive les barbus) Plus de menton, plus de visage glabre, il faut des boucs, des pieds (?) et des mentons velus Ah quel plaisir d’avoir une belle barbouze et de s’en servir ! Ah quel plaisir d’avoir une belle barbouze et de s’en servir ! Avec avec avec avec, avec avec avec avec du poil touffu Vive la barbe et les barbus ! Vive la barbe et les barbus ! Vive la barbe et les barbus ! Vive la barbe et les barbus ! Vive la barbe et les barbus ! Vive la barbe et les barbus ! Vive la barbe et les barbus ! Vive la barbe et les barbus ! Et les barbus et les barbus ! Vive la barbe et les barbus ! Vive la barbe et les barbus ! Bar- bus !
transcription à un poil près par Philippe Roussel
Cinéphage Fogg, gentleman illimité.
January 25 Message à caractère préventif.Eh bê, il s'en passe de belles dans le monde merveilleux d'inter-niet. Quand le soviet suprêmsn décide de ce qu'est (ou n'est pas) de l'art, ça donne ça :
C'est un peu long à lire, mais terriblement instructif.
En conclusion, ne vous étonnez pas si le blog de votre serviteur disparaît du jour au lendemain sans laisser de trace. Il aura été victime de la répression de l'Oeil et aura été puni pour ses considérations sur le sexe des gorilles ou autres autofellations cinématographiques (voir la chronique de Short Bus).
Mais quoi qu'il arrive, je reviendrai ailleurs, autrement, comme le phénix renaissant de ses cendres, avec ce seul mot comme cri de guerre : vendetta !
Non mais oh, faudrait quand même pas pousser mémé dans les cactus, hein ?
Messieurs les censeurs, bonsoir !
Truands passant...Parce que je n'aurai pas le temps (même en chantant plus vite que le vent, etc.), je vous livre ici une critique du film Truands, de Frédéric Schoendoerffer, dégotée (je ne veux pas savoir comment) par un mien collègue (merci Nicolas):
Apparemment, c'est du lourd.
Tout ça pour vous faire patienter, puisque l'une des prochaines étapes devrait être... ROCKY BALBOA !!! (Tadaaaaaaa !)
En attendant, amusez-vous bien et soyez sages (oui, je sais, c'est ou l'un ou l'autre...). Corsaire (de famille).A l'occasion de la sortie de L'île aux trésors (qualifié de "désastre" par Studio, eh, eh, eh), j'ai fait part de mon hypothèse d'avoir été moi-même pirate dans une autre vie...
Apparemment, il s'agit d'un atavisme qui se transmet de génération en génération.
La preuve en image avec mon filleul, le redouté Kilian des Caraïbes !
(Et une vieille photo de son parrain, à l'époque où il était encore un peu marin...) January 23 Comprends pô...Décidément, les voies de la recherche sur le ouèbe me laissent perplexe. Figurez-vous qu'il y a un type qui est tombé ici après avoir tapé ça :
http://search.msn.fr/results.aspx?q=PHOTOS+DE+SEXE+DE+GORILLE+EN+ERECT
ION&cp=1252&first=11&FORM=PERE Franchement, je ne sais pas comment je dois le prendre (si ce n'est avec une paire de grosses pincettes). Cashback avec mention (très bien).42ème voyage :Les Anglais sont fascinants, tout capables qu'ils sont de produire des choses aussi criminelles que le Prince Charles, Ronan Keating, le Xmas cake ou Benny Hill, puis de faire dans le raffiné et le brillant avec Shakespeare, les Beatles, les Monty Pythons ou encore Harry Potter. Et leur cinéma ressemble aussi un peu à ça. C'est heureusement dans la deuxième catégorie que je classerai Cashback. Voilà un film improbable (pour parler comme dans Télérama) et néanmoins parfaitement génial. Là, je fais juste une paranthèse à triples crochets à propos de Télérama(teurisme). D'aucuns se sont étonnés de ne point avoir encore vu le bout de mon museau au festival Téléramouâ qui se tient actuellement à Strasbourg. Je tiens à les rassurer : vous ne m'y verrez pas du tout. Pour la simple et bonne raison que j'arrive à peine à voir les films qui sortent et qui m'intéressent, alors je ne vois pas pourquoi j'irais voir des films de l'année dernière (que je ne pourrais donc pas chroniquer) en prenant le risque d'avoir à supporter la présence massive des trois quarts de mes collègues de travail qui, entendant le mot "Télérama !", rappliquent en vitesse parce que là, il ne faut pas rigoler, on parle de KULTUR hein ! Je leur laisse donc bien volontiers ce terrain de jeu, j'ai déjà le mien. Fin de la parenthèse. Retournons à la Cashback. Ben, étudiant aux Beaux-Arts, rompt avec sa copine Suzy (une vulgaire pétasse livtylerisée) après deux ans d'amour fou. Cette rupture le perturbe au point qu'il en devient absolument insomniaque. Ayant, du coup, huit heures de plus à tuer, il décide de les optimiser et travaille de nuit dans une superette. Il y croise des collègues complètement déjantés, du boss pathétiquement crétin aux deux Dupondt farceurs en passant par le Bruce Lee du pauvre (tous à mourir de rire !). Mais Ben découvre surtout qu'il arrive à suspendre le temps, ce qui lui ouvre des perspectives délirantes. Entre humour et ironie, on a le plus grand plaisir à suivre les considérations introspectives du personnage principal sur la vie, l'amour et l'art. Sans que le film ne se prenne au sérieux deux secondes, il nous emporte dans une espèce de rêve éveillé, dont on ressort raffraîchi, voire philosophe. Toute proportion gardée, Cashback me fait penser à Joue-la comme Beckham. Dépourvu d'acteur connu (Sean Biggerstaff, l'acteur principal a été entraperçu dans les deux premiers Harry Potter, mais il a quand même un peu grandi depuis), ce film crée la surprise par son humour et son humilité. Mêlant habilement les silences, les gags, la voix-off, les flash-backs et les délires mode fumette, on dirait un roman de Foenkinos. Bref, le meilleur film que j'ai vu depuis ce début d'année.
Cinéphage Fogg, gentleman illimité. January 22 L'inutile aux trésors.41ème voyage :C'est infernal ! Il sort des films comme une éruption d'acnée sur le visage d'un adolescent à l'hygiène douteuse. C'est affreux. Il en tombe comme à Gravelotte. Et pas que des répulsifs en plus ! Il y en a même qui sont plutôt alléchants (et d'autres qui ont l'air alléchiants). Résultat des courses : soit je me clone, soit je me fais porter pâle au boulot (hum, c'est tentant, ça), soit j'y passe TOUTES mes soirées au risque de noyer ce qu'il me reste de vie privée, soit je fais l'impasse sur certains (on en reparlera), soit je fonctionne à l'instinct (basique, évidemment). Pour ce quarante-et-unième voyage, j'ai retenu la dernière solution. J'ai vu que mon programme ciné annonçait une avant-première décapante pour un film de pirates, en présence de Gérard Jugnot. Jugnot - pirates... Je dois dire que dans un premier temps la connexion ne m'a pas paru évidente. Mais quelques recherches et bandes-annonces plus tard, j'avais le fin mot de l'histoire. Il s'agissait d'une comédie piratesque avec notre Félix national en personnage principal. Titre de la farce : L'île aux trésors. Tiens, c'est marrant, ça sent Pirates des Caraïbes au pays de Stevenson, ce machin-là. Ca sent aussi un peu le réchauffé. Bref, ça sent le varech. Et le remake. Mais qu'importe. Un film de PIRATES, c'est plus fort que moi, j'y cours, même s'il persiste un risque de voir une daube magistrale. J'ai dû être pirate dans une autre vie. Tuer, piller et couler à tour de bras. Partir à l'abordage d'un bâtiment plus grand et mieux armé, un couteau entre les dents et un pistolet dans chaque pogne. Revenir avec un oeil, une main ou une jambe en moins, et finir pendu à la grand vergue, les yeux dévorés par des corbeaux sans scrupule. Alors forcément, en tant qu'ex-frère de la côte (sauvage), dès qu'il sort un film sur ces forbans, j'en suis ! Et j'en fus l'autre soir, passablement inquiété par l'introduction de Jugnot et Berbérian (le réalisateur), qui nous ont expliqué lourdement qu'il ne fallait pas comparer L'île aux trésors avec quelques autres pirates disneyiens, que ça n'avait RIEN à voir. Ah ben ça ! Tu parles que ça n'a rien à voir ! Malheureusement ! Car il y a dans Pirates des Caraïbes un grain de folie douce et une inventivité qui font cruellement défaut à L'île aux trésors. En effet, le film de Berbérian aurait mérité de s'affranchir de toute référence au lieu de maltraiter le roman de Robert Louis Stevenson (que j'ai lu, malgré ce que prétend môssieur Berbérian) ou de lorgner sur les recettes états-uniennes en sortant de nulle part des éléments fantastico-paranormaux de fort mauvais aloi. Il y aurait également gagné à jeter par-dessus bord môssieur Fabrice Roger-Lacan, le dialoguiste, dont le "travail" est d'une platitude à pleurer. Mais bon, en même temps, Berbérian, c'est le grand fou qui a commis Le Boulet et L'enquête corse, alors... Il y a quand même une chose qui m'échappe. Comment peut-on faire un film moyen quand on a longtemps fréquenté les Nuls, et qu'on a un casting plutôt réussi ? Jugnot est un John Silver qui se tient (sur une patte, certes), Alice Taglioni a une moue adorable, mais la palme revient à Jean-Paul Rouve, hilarant en docteur alcoolisé, et François Levantal, génial en Ben Gunn affamé. Pour autant, le métier de ces comédiens ne suffit pas à rendre passionnante cette traversée qui embarque dans la même galère un schtroumpf pirate du dimanche, une baronne nymphomane, un médecin rhumophile, un benêt amnésique et toute une clique du même gabarit. Et qu'on ne s'y trompe pas, cette Île-là n'est point faite pour les enfants. D'autant plus que la comédie tourne vite au jeu de massacre lourdingue. Pas de quoi traverser l'Atlantique à la nage, juste un petit film de pirates, pour nous mettre en bouche en attendant Pirates des Caraïbes, jusqu'au bout du monde (le 23 mai). L'île aux trésors débarque sur les écrans le 31 janvier.
Cinéphage Fogg, gentleman illimité. Super zéro !Un petit test fort sympathique a confirmé mes pires craintes : je suis un mutant, croisement improbable entre un homme-araignée (au plafond) et une femme-chat (échaudée). Bonjour l'angoisse. Moi qui espérais me situer davantage du côté de l'homme-chauve-souris...
Apparemment, je suis un peu vert aussi.
Pour le plaisir, je vous livre le résultat complet du test...
You are Spider-Man
January 15 L'incroyable film de Marc Forster.40ème rugissant... euh, non, voyage :Comme le faisait remarquer fort justement mon amie Glou Glou, nous sommes à mi-parcours. Amis-par-cours aussi. C'est important. J'ai fait la moitié du chemin avant de raccrocher ma canne et mon haut-de-forme. Neuf ou dix mois, à tout casser, si je tiens cette cadence (folklorique). Petit coup de fatigue là. Comme une réflexion sur le temps qui passe. Ca tombe bien, c'est justement le sujet du voyage d'aujourd'hui. Je suis allé rendre visite à Harold Crick. Monsieur Crick (Will Ferrel, clone plus ou moins réussi de Paul Reiser) n'a pourtant rien d'exceptionnel et, à dire vrai, rien d'intéressant non plus : passionné de chiffres, il calcule tout - du nombre de coups de brosse à dents au nombre de pas qui le séparent de l'arrêt d'autobus - et ne s'autorise par conséquent aucune spontanéité. Pas étonnant qu'un être aussi gai, fou et plein de surprise travaille... aux impôts. Harold Fric, donc. Jusqu'au jour où - évidemment - tout bascule. D'abord notre mou-du-genou entend une voix commenter chacune de ses actions, puis il tombe amoureux de la jolie pâtissière à qui il a collé un contrôle fiscal (Maggie Gyllenhaal, aussi délicieuse que ses cookies). Pour finir, sa montre tombe en panne et la petite voix dans sa tête lui annonce qu'il va bientôt mourir. Bref, la totale. Mais il en faut plus pour abattre le fonctionnaire (de la guerre). Bien décidé à ne pas casser sa pipe sans résister, Harold prend son destin en main et, avec l'aide d'un professeur de littérature un peu barré (magistral Dustin Hoffman), tente d'empêcher que ne soit mis un terme à son arbre généalogique. Les publicitaires, au plus haut sommet de leur inspiration mercantile, nous ont balancé L'incroyable destin de Harold Crick comme une oeuvre à mi-chemin (elle aussi) entre The Truman show et Un jour sans fin. Cela ne pouvait que mettre en appétit le cinéphile à couper le beurre (salé) que je suis, d'autant que j'avais bien aimé les deux fictions sus-citées. En même temps, une-petite-voix-dans-ma-tête-à-moi-aussi me susurrait de rester prudent : après tout, les mêmes publicitaires (décidément en grande forme) n'avaient-ils pas situé le gluant The holiday comme le petit frère de Coup de foudre à Notting Hill et Le journal de Bridget Jones... Ouarf, ouarf, ouarf, je me gausse (sale gausse, oui, je sais !). Que l'on se rassure, pour une fois la pub ne tombe pas trop à côté. Il y a effectivement un peu de Truman show, Un jour sans fin ou Amour et amnésie dans L'incroyable destin de Harold Crick. En particulier dans le côté invraissemblablement drôle de l'intrigue. Plus c'est alambiqué, tordu et capillotracté, plus on rentre dedans avec délice. Ce genre de dinguerie ne fait point de mal, surtout si l'on ne se focalise pas trop sur le message "à l'américaine" (du style "Vis ta vie comme si chaque seconde devait être la dernière", "Profite du jour vivant", "Prends-toi en main", "N'oublie pas qu'un jour ou l'autre on va tous y passer", bla, bla, bla...). Et si cette comédie doit beaucoup au talent de ses acteurs, notamment la merveilleuse Emma Thompson (étonnante en soeur jumelle de mon amie La Plume ; La Plume, si tu m'entends...), elle doit encore davantage à son réalisateur, Marc Forster, qui truffe le récit de trouvailles visuelles jamais pesantes et souvent très drôles (observez bien le chemin du café de Dustin Hoffman). Un petit coup de folie bien agréable à mi-parcours, voilà ce qu'il fallait pour nous remettre en selle vers de nouvelles aventures.
Cinéphage Fogg, gentleman illimité.
January 11 Héros magnifico !39ème voyage :Par une furieuse envie de tordre le cou aux souvenirs d'émotions préfabriquées de mon dernier voyage, je suis allé voir un film français, un peu au hasard, un peu à l'aventure...
Et je n'ai pas été déçu. Mais alors pas DU TOUT.
Car je suis allé voir Le héros de la famille.
Le réalisateur, Thierry Klifa, a encore peu de films à son répertoire, mais quelle virtuosité, et quel talent !
A partir d'un personnage qui ne fait que passer (touchant Claude Brasseur), il brosse le tableau d'une famille désunie et de destins brisés. La disparition du "héros de la famille" va boulerverser la vie de chacun et les pousser à faire des choix difficiles.
Je me voudrais lyrique et volubile pour vanter haut et fort les mérites de ce film formidable. Mais je crois que les mots me manquent. Comment traduire toute mon émotion pendant la séance ? J'ai même du mal à me convaincre que j'ai vu un film, tant les acteurs parviennent à donner corps à leur personnage. Pas des héros justement, seulement des êtres humains, avec leurs carapaces, leurs secrets, leurs fêlures...
Ceux qui me connaissent savent avec quels qualificatifs peu flatteurs je m'empresse en général de décrire Catherine Deneuve, Emmanuelle Béart ou Miou-Miou. Là, pas de bol, elles y sont toutes les trois. Eh ben... j'ai rien à y redire ! Car elles sont parfaitement à l'aise dans leur rôle, se coulant (si vous me passez l'expression) dedans au point qu'on n'arrive plus à distinguer l'actrice du personnage. Et avec quelle force ! A leurs côtés, une Géraldine Pailhas plus intense que jamais irradie littéralement l'écran. Et face à toutes ces femmes : l'impeccable Gérard Lanvin campe brillamment un homme qui surnage au milieu des problèmes. Enfin, une découverte (pour moi), avec le très bon Michaël Cohen. Tout ce "petit" monde m'a sidéré, ému, complètement retourné. Une VRAIE émotion, comme il y a longtemps que je n'en avais pas eue au cinéma. En tout cas, à mille lieues des émotions en toc que nous ont refourgué les Etats-Uniens dernièrement !
Le héros de la famille est véritablement un film d'acteurs. Acteurs merveilleux de talent, qui ne surjouent jamais et dont les répliques - souvent drôles, parfois amères - tombent toujours magistralement justes. Il est vrai que pour nombre d'entre eux, c'est un film de retrouvailles : Catherine Deneuve - Emmanuelle Béart (8 femmes), Claude Brasseur - Valérie Lemercier (Fauteuils d'orchestre), Gérard Lanvin - Claude Brasseur (Camping), Géraldine Pailhas - Thierry Klifa (Une vie à t'attendre)... Bref, c'était déjà un peu une famille, et ça se sent.
Le reste tient dans l'art de la construction du récit. Tout n'est pas posé dès le départ, on ne prend pas le petit spectateur par la main pour lui dire : "Bon, alors : Machin, c'est l'ex-mari de Truc !". Non, on le laisse se débrouiller tout seul, le spectateur-adulte-moyen. Et comme les choses sont amenées avec beaucoup de finesse, on prend un pied pas possible à découvrir et à comprendre au fur et à mesure, souvent par suggestion, les rapports entre les personnages. Un pur bonheur.
Je comprends mieux pourquoi ce film a reçu le label (de jour) de mon cinéma préféré. Si ledit label est un moyen de mettre un film en avant, de le pousser un peu vers le spectateur, Le héros de la famille en a bigrement besoin, tout aplati qu'il est entre les lutins digitalisés, les dragons bleutés et les Paris Hilton du pauvre en goguette chez les Rosbeefs. Et, bien sûr, il y a ceux que la présence de Deneuve (pour le prix d'une, c'est les soldes) rebute...
Dommage, c'est vraiment un excellent film.
Cinéphage Fogg, gentleman illimité. January 09 Le parti d'en rire.Interlude politique :Camarades blogueurs et gueuses ! Puisque cette année on va nous casser les pieds (ou le reste) avec la Star Elysadémie et l'élection du plus beau sourire / brushing de la classe politique française, j'ai décidé, en bon citoyen RESPONSABLE, de prendre publiquement position et d'indiquer au monde entier (ô mon dentier !) mes intentions de vote. (Dans la vie, il faut parfois savoir se mouiller, comme on dit en Bretagne) Donc, comme les fois précédentes, je milite pour le Parti d'en rire, créé en son temps par feu mon maître (63) Pierre Dac, dont l'un des grands axes politiques tient en cette phrase fondatrice : "Il est démocratiquement impensable qu'en république il y ait encore trop de gens qui se foutent royalement de tout." Aussi, je vous appelle solennellement à voter Clémenceau au premier tour. En ces temps difficiles et nanarchiques, je ne vois que le vieux Tigre pour remettre le bateau à flot. Voilà, c'est dit. Et pour vous convaincre définitivement, car j'en vois deux au fond qui font la moue (pas la guerre), j'ajoute ci-dessous les héroïques paroles de l'hymne du Parti, chanté jadis par les Quatre Barbus sur l'air du Beaublaireau de Ravel : {Choeur en fond sonore:}
Oui
Notre parti
Parti d'en rire
Oui
C'est le parti
De tous ceux qui n'ont pas pris de parti
Notre parti
Parti d'en rire
Oui
C'est le parti
De tous ceux qui n'ont pas pris de parti
Sans parti pris nous avons pris le parti
De prendre la tête d'un parti
Qui soit un peu comme un parti
Un parti placé au dessus des partis
En bref, un parti, oui
Qui puisse protéger la patrie
De tous les autres partis
Et ceci
Jusqu'à ce qu'une bonne partie
Soit partie
Et que l'autre partie
C'est parti
Ait compris
Qu'il faut être en partie
Répartis
Tous en seul parti
Notre parti
Nous avons placé nos idéaux
Bien plus haut
Que le plus haut
Des idéaux
Et nous ferons de notre mieux
Cré vindieu de vindieu de vindieu
Pour que ce qui ne va pas aille encore mieux
Oui pour vivre heureux
Prenons le parti d'en rire
Seules la joie et la gaieté peuvent nous sauver du pire
La franche gaieté
La saine gaieté
La bonne gaieté des familles
Nos buts sont déjà fixés:
Réconcilier les oeufs brouillés
Faire que le veau d'or puisse se coucher
Apprendre aux chandelles à se moucher
Aux lampes-pigeons à roucouler
Amnistier les portes condamnées
A l'exception des portes-manteaux
(tiens ça rime pas, ah oui je sais:)
C'est pour ça qu'y peuvent s'accrocher
Exiger que tous les volcans
Soient ramonés une fois par an
Simplifier les lignes d'autobus
En supprimant les terminus
Et pour prouver qu'on n'est pas chiches
Faire beurrer tous les hommes-sandwichs
Voilà quel est notre programme
Voilà le programme
Demandez le programme
On le trouve partout
Je le fais cent sous
Mais... pas d'hérésie!
- Notre parti
- Parti d'en rire, oui
- Non!
- Si!
- Crétin!
- Pauvre type!
- Abruti!
Et voici... ce qu'est notre parti
Oui!Et n'oubliez pas ce sage conseil, issu des grandes pensées du grand philosophe vinicole Pierre Dac : "Il vaut mieux prendre ses désirs pour des réalités que de prendre son slip pour une tasse à café ." January 07 The bobo-liday (on ice)38ème voyage :Excusez-moi mais je ne suis pas très présentable. J'ai presque honte de me tenir ainsi devant vous, tout englué par la confiture de bons sentiments que j'ai vue hier soir, interprétée par les deux plus mauvaises actrices anglo-saxonnes du moment : Cameron Diaz et Kate Winslet. Le film s'appelle The Holiday, est la comédie sentimentale de Noëûûûl, permet - en cette période des fêtes - aux Etats-Uniens d'oublier un peu l'hécatombe irakienne, et remportera probablement haut la main l'Oscar du film de plus dégoulinant de l'année (dernière). Partant de la célèbre phrase de George Bernard Shaw ("L'Américain et l'Anglais sont deux peuples séparés par une même langue"), l'histoire nous narre comment la vie sans grand souci de deux nénettes trentenaires, l'une Ricaine et l'autre British, dont le seul drame dans l'existence est d'être tragiquement célibataires à l'approche des fêtes de fin d'année. Sur un coup de tête (un peu vide), elles décident d'échanger leurs maisons pendant une quinzaine de jours. Sauf que leurs situations respectives vont en être profondément bouleversées puisqu'elles vont rencontrer kouâ ? J'vous l'donne Emile ! L'AMOUUUUUUUUUR ! Ne me remerciez pas, je viens de vous faire économiser huit euros. Il fallait de la patience et du talent pour rendre comestible ces énièmes avatars sentimentaux de bobos en pleine crise existentielle (mon mari). Heureusement, Nancy Meyers a suffisamment d'expérience dans le domaine (Ce que veulent les femmes, Tout peut arriver) pour y faire figure de vétéran. Elle parvient donc sans trop de mal à gérer deux actrices moyennes, dont l'une - que je ne citerai pas - a non seulement une hystérie pathologique mais également autant de jeu qu'une tête de veau-vinaigrette (un indice : c'est celle qui n'a pas joué dans Titanic...). En face, le malheureux Jude Law fait (laborieusement) de son mieux, et Jack Black (toujours un peu Kong depuis le film de Peter Jackson) s'acharne à prouver qu'un petit gros aussi sensuel qu'un bouledogue peut séduire Kate Winslet. Quelque part - allez savoir pourquoi - ça m'a vaguement rassuré... En outre, The Holiday est éclairé par les apparitions tendres et émouvantes du vieux briscard Eli Wallach et de Dustin Hoffman. Et le tout fait finalement passer deux heures sans trop s'ennuyer. La lande anglaise est bien belle en hiver. Voilà ce que je me suis dit en préparant mentalement cette chronique pendant que la salle se rallumait. J'en ai profité pour observer les bobines déconfites des autres spectateurs (surtout les tatrices d'ailleurs) et là, j'ai été saisi d'une crainte diffuse. Manifestement, The Holiday a rempli son office et d'aucuns en sont ressortis touchés, émus, régaillardis ; bref, s'étaient quelque peu "investis" dans le film. Comme c'est loin d'être mon cas (tastrophe), j'en ai déduit une conclusion logique, scientifique et irréfutable : en dépit des efforts véhéments de mon cardiologue pour me prouver le contraire... je n'ai plus de coeur. Bigre. C'est inquiétant. Je vais certainement me résoudre à passer une annonce : "Perdus récemment : du temps, un coeur et des illusions. Forte récompense à qui me les ramènera en bon état. Merci."
Cinéphage Fogg, gentleman illimité. January 05 La grande évasion.C'est véritablement incroyable tout ce qu'on a le temps de faire pendant les réunions générales, au boulot...
Le plus souvent, j'opte pour la sieste réparatoire. Mais quand Morphée se fait paresseux, je crayonne, je croque, je gribouille. Je mets quelques traits sur mes sentiments du moment - sur mes espoirs aussi - que je signe de mon vrai nom : Artemus Foideber, dit Docteur Bonchâton (comme ça vous savez tout).
La dernière grand-messe a produit le griffonnage ci-dessous (cliquez sur la vignette pour agrandir).
AAAAAAAH, merci Mon Dieu d'avoir inventé LA REUNION GENERALE !!!
C. Fogg, gentleman scribouilleur. January 02 500 millions de petits Arthur... et moy, et moy, et moy.37ème voyage :Là, normalement, je devrais assassiner Arthur et les Minimoys, la dernière blague en date (et peut-être dernière tout court) de Luc Besson. Je m'étais même dit que cette chronique allait probablement ressembler à un Stalingrad verbal, le Waterloo du jeu-de-mots massacrant, la Tranchée des baïonnettes bessonienne. J'aiguisais ma plume comme le bourreau sa hache en me rendant à la séance. Et puis... Et puis, il y a eu deux miracles. Deux miracles post-Noël, mes amis, ça crée déjà un sacré choc. Le genre qui vous laisse comme un rond de flan. Et du coup vous vous prenez d'une compatissante sympathie pour le chasseur de Blanche-Neige, incapable d'abattre froidement un petit être sans défense. Premier miracle, donc, je n'ai pas le coeur à souiller de mes mots rageurs Arthur et les Minimoys. Parce que j'ai pris un certain plaisir à suivre les aventures pas très originales de ces nains de jardin digitalisés. Bon, ok, c'est du Besson (ce qui n'exclut pas quelques plans et axes de caméra fort intéressants) et c'est surtout destiné à un autre public de nains : les bambinis de moins de sept ans. Mais le côté ahreu-ahreu ne masque pas un bon sens du rythme, quelques libertés avec les canons du conte de fées (la princesse pulpeuse qui roule de grandes pelles à son prince charmant pré-pubère) et quelques trouvailles comiques (dans les dialogues comme dans la poilante scène de la piste de danse sur 33 tours). Et Besson s'offre même quelques discrets clins d'nyeux à sa saga fétiche, Star Wars. Du coup, on adhère (glaciaire). Mais attention, faudrait pas pousser Mémé dans les bégonias, ce n'est pas Shrek non plus ! Pour schématiser, Arthur et les Minimoys serait à Shrek ce que Babel fut à Labyrinthe. Lorsque je parle de Babel, je veux bien sûr parler de ce caramel mou sur pellicule que nous a servi Gérard Pullicino (monsieur Taratata) en 1999, avec Tchéky Karyo, Maria de Medeiros et Michel Jonasz, et non pas du petit dernier avec Brave Pitre. Mais revenons-en à nos Minimoutons. Plutôt sympa, donc. Voilà, c'est plié, on n'en parle plus. Et le deuxième miracle, me direz-vous ? Aaaaaaaaaaaaaah, OUI ! Le deuxième miracle ! ZE miracle !! En fait ce furent deux minutes de frisson et de bonheur qui surpassent en émotion tous les momoys que vous voudrez. Deux minutes pendant lesquelles le temps s'est figé. Deux minutes de bande-annonce. Pour un film qui sortira le 24 janvier. Quelques accords mythiques, entre cuivres et violons. Un homme qui court au petit matin. Et le film s'appelle..................................................... ROCKY BALBOA !!! Forcément, Rocky Balboa ! On le croyait mort, enterré, relégué au rang des antiquités du 7ème art ? Meuh non, eh, pour la sixième fois, Sylvester remet les gants, vieilli, brisé, bouffi. Il ne lui reste plus rien, à Rockynounet, que ses souvenirs et sa passion pour le noble art de la boxe. Mais v'là qu'on lui propose de remonter une dernière fois sur le ring, pensez donc ! Ca ne se refuse pas ! Ou pas longtemps en tout cas... Et le vieux lion redresse la tête, pour un ultime défi. Rhâââââââââââââââââââââââââ !!! (Extase quasi mystique) Je sens que je tiens là mon film culte pour cette nouvelle année, surtout s'il y a d'autres phrases percutantes comme celle de la bande-annonce, quand Rocky dit : "Quel intérêt que je remonte sur un ring, si c'est pour être blessé ou humilié ?" Toute ma vie dans cette réplique. Un miracle je vous dis...
Cinéphage Fogg, gentleman illimité.
L'heure des bilans.Escale bilantatoire et néanmoins mathématiquatoire :Vus en 2006 : quelques 61 films (à la le-louche). Bon bilan, bonne moyenne, merci la carte illimitée... Bon, évidemment, sur 61, il y a du déchet, notamment Underworld 2 et Mission impossible 3 (gros déchets, genre radioactifs). Quelques ovni aussi, comme Wu Ji, la légende des cavaliers du vent. Le souvenir de bonnes siestes, avec par exemple La planète blanche. Et tout ce qu'on va oublier très vite (Camping, Un automne à Paris, Short Bus...). Mais il y eût également des moments magiques (Volver, April snow), un chef-d'oeuvre (Munich), une belle surprise (Slevin) et tout un tas de bons films qui referont la joie des soirées dvd (OSS 117, Les brigades du Tigre, V pour vendetta, Pirates des caraïbes 2...). Nous en sommes donc arrivés à la 36ème étape de ces voyages cinématographiques. Plus que 44 avant de plier boutique et de jouir d'un repos bien mérité, puisque, je le rappelle, le concept de ce carnet tient en 80 films. Après : rideau ! Mais bon, nous n'en sommes pas là. En attendant, encore toutes mes excuses à ces malheureux bloggeurs qui arrivent fréquemment ici en espérant trouver d'exotiques et authentiques récits de voyages et doivent être fort déçus en constatant que les miens ne sont que virtuels... Allez les gars, sans rancune, hein ? La même chose pour ceux qui tapent "Monica Bellucci nue", mais ceux-là, c'est bien fait pour eux, na ! Cinéphage Fogg, gentleman illimité. |
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